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03 avril 2008

Les sportifs ou comment boycotter les Jeux sans les boycotter

            Aux premiers jours de la répression au Tibet, les sportifs ont refusé toute idée d’un boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Mais, après une cérémonie d’allumage de la flamme olympique perturbée, elle a pris une nouvelle dimension. Les athlètes, notamment les Français, se sont illustrés par des prises de positions fortes.

            Romain Mesnil, le vice-champion du monde et d’Europe de saut à la perche, et Président du Syndicat des Athlètes Français, a ainsi proposé que les sportifs portent un ruban vert pour marquer leur « attachement aux droits de l’Homme ». Une initiative que le Comité International olympique (CIO) s’est empressé de classer comme violation de la charte olympique qui exclu toute manifestation politique dans une enceinte olympique. Une règle réaffirmée aux championnats d’Europe d’Eindhoven, avec l’exclusion d’un nageur serbe affichant son opposition à l’indépendance du Kosovo.

            Leslie Djhone, le coureur français, s’est dit lui prêt à « boycotter la cérémonie d’ouverture » par « solidarité ». D’autres athlètes vont même plus loin. Des sportifs allemands auraient fait part au quotidien allemand Bild, de leur intention de ne pas se rendre en Chine cet été. 

            D’anciens athlètes, souvent mêlés à de précédents boycotts, jugent toutefois cette action inutile. « Ce n’est pas parce que certains ne sont pas allés aux jeux olympiques de Moscou que les Russes se sont retirés d’Afghanistan », a assuré Sharron Davies, la nageuse britannique médaillée aux Jeux de Moscou en 1980 boycottés par les Etats-Unis. « C’est la même chose avec Pékin », a-t-elle ajoutée dans une interview sur Sky News.

            D’autres, comme le vice-champion du monde du 50km marche, Yohann Diniz et le nouveau roi du sprint, le nageur Alain Bernard ont évoqué l’hypothèse d’un boycott de la cérémonie d’ouverture par les chefs d’Etat et de gouvernement. Interrogé lundi soir par TF1, le nouveau recordman du 50m et du 100m a affirmé qu’un tel boycott serait « un signe fort des hommes politiques » mais que ça restait « une décision politique ». 

            Cette action, majoritairement souhaitée par les Français (sondage CSA pour RSF et IFOP pour l’Equipe), pourrait être soutenue par le Secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, qui a déclaré mardi qu’il n’était « pas contre » un boycott de la cérémonie d’ouverture. « Mais sincèrement, je crois que cela ne changera rien » a-t-il ajouté. Silencieux jusque là, Nicolas Sarkozy a déclaré « je ne ferme la porte à aucune éventualité », l’Elysée précisant dans la foulée qu’il évoquait la cérémonie d’ouverture et non l’ensemble des Jeux.

Kéthévane Gorjestani

Boycott or not boycott

Cela fait plus de dix jours que toute la planète s'agite autour de la question tibétaine. Unanimes pour dénoncer les violences chinoises à l'encontre des Tibétains, les dirigeants occidentaux sont restés très prudents quant à d'éventuelles sanctions contre Pékin, moins de 5 mois avant le début des Jeux. Le boycott des JO s'est pourtant peu à peu imposé comme la menace suprême à brandir aux dirigeants chinois. Une possibilité qui suscite des réactions diverses dans le monde et sur la Toile. 

 

C'est l'ONG Reporters sans Frontières qui avait mis sur la table la possibilité du boycott, en appelant « les chefs d’Etat, les chefs de gouvernement et les membres de familles royales à boycotter la cérémonie d’ouverture de Pékin 2008, le 8 août prochain ». Il n'était par contre pas question d'un boycott total des Jeux, l'objectif n'étant pas pour l'association « de priver les athlètes de la plus grande compétition sportive mondiale ni le public d’un tel spectacle ». 

Un boycott de la cérémonie d'ouverture à défaut des Jeux eux-mêmes? 

Mais finalement, bien peu de politiques sont prêts à emboîter le pas aux BHL, Steven Spielberg ou encore Rochard Gere, qui ont eux appelé à boycotter purement et simplement les Jeux. En France, des dirigeants socialistes comme Ségolène Royal ou encore Jack Lang se sont déclarés en faveur d'une « menace de boycott », tandis que Nicolas Sarkozy laissait planer le doute mardi sur l'éventualité d'un boycott de la cérémonie d'ouverture. 

 

Une position partagée par de nombreux sportifs français, qui n'envisagent pas un seul instant de renoncer à une compétition pour laquelle ils se sont tant préparés.

Pour L'Oursin, un internaute qui a laissé un commentaire à la suite de l'article du Point, « participer à la cérémonie d'ouverture des JO apportera une caution au gouvernement communiste, qui ne manquera pas de l'instrumentaliser pour légitimer aux yeux de son peuple la justesse de sa politique de répression en prouvant l'indifférence des démocraties ». Une raison de plus, donc, pour ne pas y assister. 

Inefficace, le boycott? 

Outre-Rhin, Christof Siemes rappelle dans Die Zeit que le boycott n'a pas toujours été efficace dans l'histoire des Jeux. Qu'il s'agisse du boycott des Jeux de Moscou par les occidentaux en 1980, ou de ceux de Los Angeles par les Soviétiques quatre ans plus tard, cela avait eu plutôt pour effet de renforcer les pulsions nationalistes. Le journaliste allemand ironise aussi sur l'actuel emballement appelant au boycott, alors que les dirigeants du CIO savaient très bien il y a sept ans, au moment d'attribuer les Jeux à Pékin, que la Chine bafouait les droits de l'homme. Pourtant, les sportifs allemands semblent faire partie des plus réticents à l'idée d'aller à Pékin, certains d'entre eux envisageant même de renoncer aux Jeux.

Une éventualité que Elbe, sur son blog, n'envisage même pas. Critiquant « le réveil tardif des appelants au boycott », il souligne en outre que son « impact médiatique à l’intérieur même de la Chine risque d’être plus mesuré voire inexistant ». Face à la maîtrise par les autorités chinoises des journaux, de la télévision et d'internet, il craint qu'un boycott ne devienne une simple « manifestation entre bonnes consciences occidentales pendant que le gouvernement chinois récolte le prestige et la fierté populaire des jeux olympiques ». Patrick Lagacé, sur son blog, rajoute que « demander aux athlètes de porter, seuls, le poids de nos convictions, c’est un peu hypocrite».

Silence, on vend! 

C'est finalement ce que souligne aussi le journaliste Jean-Michel Apathie, qui explique que chaque citoyen va être placé face à sa «mauvaise conscience ». « Les "jeux", dit-il, qui sont le symbole de la fraternité humaine, vont se dérouler dans une dictature. Et nous applaudirons, depuis nos fauteuis de nos salons devant nos téléviseurs, les exploits des "joueurs" des "jeux" en sachant très bien que croupissent dans les prisons chinoises des femmes et des hommes dont la seule faute, le seul tort, aura été de réclamer davantage de libertés civiles». Car pour le journaliste, ce sont les «engagements financiers» qui justifient le peu de réactions contre les entorses aux droits de l'homme commises par Pékin.

Slate, un site d'informations américain, soulignait récemment le poids des enjeux commerciaux et économiques de cette olympiade, et citait un des sponsors principaux des Jeux, Samsung Electronics. L'entreprise expliquait donc que « les Jeux Olympiques ne sont pas le lieu pour des manifestations ». 

Sylvain Mouillard

30 mars 2008

Médias chinois/ Médias occidentaux : Où est la propagande ?

Les accusations fusent par web interposé. Pour les médias chinois, la couverture faite par les journalistes occidentaux des troubles au Tibet est partiale et conditionnée par une idéologie pro-tibétaine. Ces derniers répondent en objectant la soumission inconditionnelle de leurs confrères chinois au régime de Hu Jintao, alimentant une guerre médiatique qui laisse perplexe. Revue des batailles de la semaine.

« Comment la télé chinoise exploite les émeutes de Lhassa » : ce titre d’une reportage de TF1 ne mâche pas ses mots. Les journalistes y évoquent le traitement des émeutes au Tibet par leurs confrères chinois, en s’appuyant sur des reportages diffusés par la télévision chinoise le même jour ... en y ajoutant des corrections, façon cours magistral.

Cette leçon de journalisme est vécue comme un affront par les médias chinois, qui les accusent, à leur tour, de déformer la vérité.

Fautes professionnelles ou propagande anti-chinoise ?

Le dernier épisode de cette guerre médiatique s’est joué autour de cette image :

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A gauche, la photo publiée par CNN pour illustrer les émeutes au Tibet : des insurgés poursuivis par un char chinois...et c'est tout

Or, à droite de la ligne apparaissent des Tibétains en train de caillasser ce même char. Un détail omis par la chaîne américaine.

Or photo tronquée = déformation de la vérité. C’est la conclusion qu’ont tiré de cette erreur certains bloggeurs chinois, qui y voient la preuve que la propagande anti-chinoise sévit dans les médias occidentaux. Et pour accréditer leurs dires, ils rappellent que « CNN est connu pour travestir la réalité dans ses reportages », qu’« ils ont fait la même chose pour l’Irak ». ..

Cette fois-ci, la chaîne américaine est restée campée sur ses positions, et s’est défendu dans une lettre de mise au point  adressée au site internet de France 24 (lien en anglais), alléguant des raisons techniques : « L’image en question devait être réduite au format standard utilisé pour les articles sur CNN.com ».

L’honneur est sauf pour CNN. La situation est plus embarrassante pour RTL TV, une chaîne de télévision allemande, contrainte de présenter ses excuses suite à l’utilisation d’une photo erronée : 

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Selon le présentateur, l’image montre un policier chinois réprimant un manifestant au Tibet. Or il s’agit d’un policier népalais… La scène se passe en effet à Katmandou, au Népal.

Un épisode qui a fait la joie de la chaîne gouvernementale CCTV, qui propose sur son site un lien vers la « vidéo d’excuse », avant de préciser que « RTL TV n’est pas le seul média occidental à avoir été critiqué pour avoir donné de fausses informations concernant les récents troubles au Tibet », citant entre autres le quotidien allemand « Berlin morningpost » (une légende erronée en cause cette fois-ci).

Des  mises au point qui ont toutes les apparences de règlements de comptes, et laissent présager une collaboration tendue entre médias chinois et occidentaux durant les JO.

Ces accusations de « propagande anti-chinoise » vous étonnent-elles ? Pensez-vous que les médias occidentaux livrent une analyse nuancée et complète des événements au Tibet ?

                                                                                                                                Natalène Mounier

28 mars 2008

Les yeux de Laurence

Parmi les amoureux du deux roues réunis dimanche matin sur l’esplanade du Trocadéro, tous ont le goût du défi. Pour Laurence, une trentenaire non-voyante qui suivra le groupe pour sur environ 25 km, jusqu’à Vincennes, ce premier jour du trajet Paris-Pékin, c’est « au-delà de l’extraordinaire ».


814abb43229959cc462eaeffbc0f9da8.jpg Ce n’est pas sa canne blanche qui la rassure, mais Alain Richardot, son coéquipier. Ensemble, ils ont déjà effectué des parcours dans le Val d’Oise, leur région d’origine. Sur le tandem, c’est lui qui pilote. « Normal, sinon on irait dans les choux », plaisante Laurence. Pour elle, le vélo, c’est avant tout « le plaisir de se faire raconter des paysages » et de sortir de la ville : « quand on est à la campagne, ça sent les vaches, la bouse ».

Sac à dos avec réservoir d’eau, barres de céréales, Laurence a « entièrement confiance » en Alain qui l’écoute. « On pédale ensemble » assure-t-il. Selon eux, si l’un arrête de pédaler, ça se sent. Pour eux, ce n’est pas tant l’effort sportif qui compte mais le partage : « On n’arrête pas de discuter » confie Laurence.



Marie Naudascher

15:52 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sport, velo, handicap, paris, pekin

Pas de « prêt, feu, partez » !

Dimanche 16 mars 2008 : C’est le grand jour pour les 118 participants de l’aventure Paris-Pékin à vélo. Il bruine sur l’esplanade du Trocadéro, à Paris, mais les sportifs sont au rendez-vous. On reconnaît les cyclistes du Paris-Pékin à leur maillot rouge. Plus d’une centaine de passionnés sont venus avec leur propre vélo et vont suivre le début du périple, jusqu’à Provins.

285318c16555fd733f0cad3ee257161e.jpg A 9 heures, les participants se rassemblent pour une grande photo de famille. Et la famille, ça compte dans une telle aventure. Cinq mois sans voir ses proches, c’est long. Mais aucune inquiétude sur le visage de Karine. Ses parents, les Bourel, sont en tête du groupe 1, en tandem. Par téléphone, une semaine auparavant, ils semblaient déterminés et sereins. Le jour du départ, ils rayonnent : « c’est une aventure en couple », sourit malicieusement Mireille, les cheveux courts.
Filmés par des étudiantes en journalisme, les Bourel parlent volontiers de leur passion. La télévision chinoise veut aussi les interviewer : Mireille et Henri sourient et repartent de plus belle : « on a toujours fait du vélo, c’est notre oxygène ».

 

181aa8787b99430a526f3ae6b75f7f4e.jpg Quelques minutes avant le départ, Christian Lemay, un Canadien* de 52 ans, contemple son vélo. Sympathique, il explique les « options » de son deux-roues : chronomètre, « sonnette pour quand on arrive en Chine », sacoches… Il est très fier de participer au Paris-Pékin 2008 après « vingt ans de vélo », dit avec un accent canadien ce grand chauve venu de Montréal. 

A 9h30, les participants sont prêts à partir. On en oublierait même que ce n’est pas une course. Pas de coup de feu, pas de précipitation. « C’est dangereux, les chutes au départ sont très fréquentes, là ils sont en haut d’une pente et il pleut », commente un badaud. Devant le pont d’Iéna, la file de cyclistes dé marre au pas, derrière un camion, au son des sifflets et des applaudissements des spectateurs qui les encouragent « Pékin, c’est au fond à droite ! ».

 

Dans l’expédition, il y a vingt-et-un étrangers : 1 Américain, 1 Anglaise, 2 Allemands, 5 Belges, 4 Canadiens, 2 Chinois, 1 Danois, 2 Espagnols, 1 Luxembourgeois et 2 Suisses.

Marie Naudascher

15:52 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : chine, JO, pekin, velo

23 mars 2008

Départ de la flamme olympique: 5 mois de “grandeur chinoise” au programme

On l'a dit et redit, ces Jeux seront l'occasion pour la Chine de montrer un visage moderne et fraternel au reste du monde. Les autorités de Pékin veulent en profiter pour diffuser l'image d'une nation triomphante, capable d'exploits aussi bien sportifs que techniques. Le relais de la flamme olympique ne déroge pas à cette règle du gigantisme.

La flamme qui sera allumée le 24 mars 2008 à Olympie effectuera ainsi le plus long relais de l'histoire des Jeux (130 jours). Autre record battu, le nombre de relayeurs. La Chine a sélectionné près de 21 880 personnes, sportifs de renom ou non. D'après la belle rhétorique du parti communiste chinois, on pourra compter cette année sur “des travailleurs modèles, des scientifiques, des entrepreneurs excellents, des personnalités connues et des travailleurs” pour transporter le flambeau.

Ils se le transmettront – à pied, à cheval, à vélo, en courant... - sur un parcours de plus de 137 000 kilomètres. Même si le nombre de relayeurs allait régulièrement croissant, celui-ci stagnait généralement aux alentours de 12 000- 13 000 personnes lors des dernières éditions.

6b049050ac30f86887da0a3669e2c0ca.jpgEt si le relais de la flamme bat le record du plus long trajet aérien – à bord d'un avion spécialement équipé de lampes de sécurité protégeant la flamme – ce n'est rien à côté de l'ascension du Mont Qomolangma, plus connu sous le nom de Mont Everest ( 8 844,43 mètres). 76f93790adf779c9cb2e42ae218d5edc.gif

La torche a ainsi fait l'objet d'innovations toutes particulières afin que la flamme puisse survivre à la rudesse de l'Everest, mais surtout pour qu'elle reste flamboyante dans un air si pauvre en oxygène. Les organisateurs expliquent poétiquement que la  flamme olympique résistera aux vents puissants, fortes pluies,  grêles soudaines et à l'air raréfié pour brûler brillamment et  magnifiquement sur le plus haut sommet du monde, le Mont Qomolangma”.

Pour assurer la retransmission télévisée en direct de l'évènement, les autorités chinoises ont équipé la zone d'antennes relais. Mais on n'en oublie pas pour autant les bonnes vieilles habitudes, il y aura tout de même un léger différé en cas d'évènement “imprévu”. Pendant les répétitions, des défenseurs de la cause tibétaine avaient déployé une banderole Un seul monde, un seul rêve, Tibet libre 2008 “.

Autre précaution, un strict contrôle des voies d'accès à l'Everest. La route chinoise jusqu'au toit du monde sera fermée du 1er au 10 mai afin d'éviter toute manifestation malvenue lors de l'ascension de la flamme. La Chine est même parvenue à convaincre son voisin népalais de fermer lui aussi sa voie d'accès vers l'Everest ainsi que vers les sommets les plus proches.

Et avec les récents évènements au Tibet; les autorités chinoises auront fort à faire pour que rien ne vienne gâcher cette belle mécanique. Matt Whitticase, du mouvement Free Tibet Campaign promettait récemment des "manifestations majeures" contre "l'utilisation triomphaliste par la Chine de la flamme olympique". En Grèce, d'où partira la flamme, le gouvernement s'active pour que les opposants au régime communiste ne viennent pas troubler la cérémonie.

Le parcours de la torche prend donc une tournure éminemment politique. Bien loin du thème du relais - “un voyage en harmonie” - et de l'hymne de la flamme, le déjà fameux “Allume le feu sacré, propage notre rêve”.

 

Sylvain Mouillard

22 mars 2008

Ces sports qui veulent devenir olympiques

C’est la première fois que ces épreuves auront lieu aux Jeux Olympiques en août prochain à Pékin. Les heureux nominés par le Comité International Olympique (CIO) sont donc :

  • le spectaculaire BMX (en vidéo ici)

  • le 10km natation nage libre

  • le 3000 mètres steeple féminin.

 

 2012 : exit baseball et softball

Pourtant, le CIO veut limiter à 28 le nombre de disciplines sportives pour les olympiades d’été. Mais il souhaite aussi pouvoir renouveler le programme, afin de rester dans l’air du temps et de continuer à attirer les jeunes générations. Pour faire la place à de nouvelles épreuves, il faut donc supprimer celles qui ont moins de succès. Le baseball et le softball peuvent donc dire adieu à la prochaine édition des Jeux, en 2012 à Londres.

Des critères de sélection rigoureux

Et les nombreux postulants ont intérêt à peaufiner leurs dossiers. Les critères de sélection (disponibles ici en PDF) sont draconiens. Le sport candidat doit évidemment partager les valeurs de l’olympisme, et être « universel », c'est-à-dire suffisamment représenté sur le globe (pour se rendre compte des standards de 2005, voir le PDF ici). Pour les sports d’été masculins, la discipline doit être pratiquée dans 75 pays. Pour les sports d’été féminins, dans 40 pays. Par ailleurs, tout dépend des équipements disponibles. La candidature du ski nautique aux Jeux d’Athènes, en 2004, avait ainsi été repoussée car les travaux n’étaient pas assez avancés.

Ces candidatures sont aussi affaire de gros sous puisque le poids financier de certaines disciplines peut faire pencher la balance en leur faveur. Ainsi, le catch ferait pression auprès du CIO pour devenir discipline olympique. Très populaire aux Etats-Unis et dans certains pays d’Asie, le catch bénéficie du soutien de certains médias américains.

Pas de nouvelle discipline avant 2016

Cette éventuelle modification du programme olympique n’aura pourtant pas lieu avant 2016. En 2005, à Singapour, les postulants avaient tous vu leurs candidatures repoussées. Au début de la phase de sélection, certaines disciplines paraissaient farfelues, comme le bridge ou le billard. D’autres ont pu passer cette première phase. C’était le cas du karaté, du roller, du golf, du rugby à sept et du squash. Mais aucun ne put rassembler la majorité des 2/3 des votants du CIO nécessaire pour être sélectionné.

Et vous, quels sports aimeriez-vous voir devenir disciplines olympiques?

A suivre, un reportage à la Fédération française de squash, qui défend toujours l'entrée de son sport aux Jeux de 2016.

Le squash bientôt aux Jeux?

En 2005, le squash fut « discipline olympique pendant 15 minutes » a-t-on coutume de dire à la fédération française. Avant que le rêve ne s’écroule, faute d’avoir pu réunir une majorité des 2/3 des votants.

Pourtant, Gilles Rondeau, chargé de communication à la fédération française de squash, milite toujours pour l'entrée du squash dans le programme olympique. « Depuis une dizaine d'années, il y a de plus en plus de pays qui pratiquent le squash » explique-t-il.

Concrètement, le squash, ça ressemble à ça. Et si les Anglais sont à l’origine de ce sport, ce sont aujourd’hui les Egyptiens qui trustent les premières places mondiales.

Comparable au système du tennis, le circuit mondial de squash commence à attirer les sponsors, même si seuls les 20 premiers mondiaux peuvent réellement bien vivre de leur sport.

171e8d507d1a9fa8f039735a070701bb.jpg « Facile d'accès », le squash peut aussi être « un spectacle grandiose », comme en 2006, aux pieds des pyramides de Gizeh.

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Et puis, cette discipline serait un réservoir de médailles potentielles pour la France, selon Gilles Rondeau.

Mais finalement, qu’a-t-il manqué au squash pour devenir discipline olympique en 2005 ? Pour Yves Hocde, directeur technique national, il y a eu un « conflit d'intérêts au sein de la famille du squash ».


Echec du squash en 2005.
envoyé par josciencespo

Le calendrier pour tous les amateurs de squash est déjà fixé : d’ici avril, le CIO remettra une « short list » des disciplines candidates pour entrer au programme des Jeux de 2016. Le verdict final sera rendu en 2009.

Sylvain Mouillard

11:45 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : squash, lincou, gaultier, JO, pekin, CIO

19 mars 2008

Pour la France, « en dessous de 30 médailles, ce sera un échec."

Lors des Jeux olympiques d’Athènes en 2004, la France a fini à la septième place des nations avec un total de 33 médailles, dont 11 titres, loin des 103 médailles américaines et 63 chinoises. Cet été, 310 athlètes français (5 de moins qu’à Athènes) doivent faire le déplacement à Pékin. Feront-ils aussi bien ?

Craintes de la pollution, interrogations sur l’alimentation, encore 210 athlètes à sélectionner... Malgré ces contraintes, pour la France, l’objectif est simple : rapporter le plus de médailles possible. L'ambition affichée est de conserver sa septième place mondiale. Depuis 1996, le classement de la France n'a cessé de reculer. 

Pour se maintenir à cette place, les athlètes français devront ramener entre 30 et 40 médailles de Pékin. Un chiffre fixé à partir de contrats passés entre les différentes fédérations et le ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. « Si chaque fédération remplit son contrat minimum, nous devrions avoir entre 35 et 40 médailles à Pékin », explique Fabien Canu, le Directeur de la Préparation olympique et paralympique (POP) (format PDF).

            « Au-delà de la 7e place, et en dessous de 30 médailles, ce sera un échec », estime cet ancien champion du monde de judo. Pour remplir ce contrat, beaucoup comptent sur l’équipe de France d’athlétisme et ses stars comme Christine Arron, Eunice Barber ou Ladji Doucouré. Or ces trois athlètes se remettent de blessures et n’ont pas participé aux derniers championnats du monde en salle de Valence. Des Mondiaux que l’Equipe de France, revenue bredouille de la compétition, préfère oublier.

            Pour Fabien Canu, il sera possible d’atteindre l’objectif grâce aux bons résultats attendus dans les disciplines où la France a l’habitude de réussir. En escrime avec Laura Flessel, en judo avec le jeune Teddy Riner ou encore en natation avec Laure Manaudou. Mais aussi des sports moins connus, comme l’aviron et le canoë-kayak.

Kéthévane Gorjestani

17 mars 2008

La machine à champions peut-elle se détraquer?

Pour les hôtes des JO, l’objectif est simple, impératif, obsédant: Détrôner les Etats-Unis sur la plus haute marche du podium olympique. Pour y parvenir, les méthodes d’entraînement les plus radicales sont employées… A bon escient?


La polémique avait été lancée en 2005 par Matthew Pinsent, quadruple champion olympique d’aviron et ex-membre du CIO. « Je pense que ces gamins sont maltraités », avait déclaré le champion britannique après avoir visité une « usine à champions », comme on appelle parfois les écoles de formation des futurs athlètes chinois. Sur les ondes de la BBC, il évoquait son malaise à la vue d’élèves extrêmement jeunes, qui souffraient visiblement à l’entraînement, n’hésitant pas à exprimer des soupçons de violences physiques sur les enfants.

La réponse du directeur de l’école incriminée, Liu Hongbin, est éloquente : «Le concept de violence et d'abus est différent d'un pays et d'une culture à l'autre». Le reproche d’une conception occidentale trop étriquée du bien-être des athlètes plane dans tous les propos des coaches chinois. « Les gens qui affirment que c’est trop dur n’ont rien compris. En gymnastique, on doit sélectionner les enfants dès leur plus jeune âge », se défend Wang Zithian, professeur de gymnastique à Schi Cha Hai, la même école visitée par Matthew Pinsent.

Un métier plus qu’une passion

Pour comprendre les méthodes pour le moins radicales du coaching à la chinoise, il faut se rappeler la volonté de Mao Zedong , encore pregnante dans le système sportif chinois, de faire des athlètes les étendards de la puissance chinoise. Repérés dès le plus jeune âge, les sportifs les plus talentueux intègrent l’une des 3000 écoles du pays, parmi lesquelles Schi Cha Hai est la plus cotée. Là, ils subissent un entraînement intensif, contre la prise en charge de tous leurs frais (voir l’extrait d’un reportage éloquent de France 5 sur l’une de ces écoles). Durant leur scolarité, les athlètes reçoivent un salaire de fonctionnaire, qui sert souvent à faire vivre leur famille. Le sport peut alors devenir un gagne-pain, un travail plus qu’une passion… Est-ce le facteur de motivation le plus efficace pour remporter une médaille ?

Un sur-entraînement contre-productif ?

C’est une question qui fait débat, à quelques mois du début des JO. Certains entraîneurs occidentaux, recrutés par les équipes chinoises pour l’occasion, parlent d’une conception dangereuse du coaching, qui consisterait à copier le programme d’entraînement « à l’occidentale »… et de doubler systématiquement la dose. Tout en rappelant chaque jour aux athlètes que l’or est le seul objectif. « Avec tout ce stress, ils vont péter un plomb », affirme Diederik De Boorder, un coach hollandais qui a déjà travaillé en Chine.

Il semblerait que les dirigeants sportifs chinois commencent à se soucier du problème. On apprenait la semaine dernière dans « China Daily » que les athlètes olympiques disposeront, à partir d’avril, d’un « site de consultation psychologique en ligne », pour un soutien moral à toute heure du jour et de la nuit, par mail, par texto, ou même en tête à tête… « Un esprit sain dans un corps sain », encore une méthode de coaching piquée aux occidentaux!

Natalène Mounier

 
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