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17 mars 2008

Quand le tir à la corde s'invitait aux Jeux...

2833cd584a0de7745c2f02166da17bcf.jpg1996, Atlanta: les Jeux rentrent véritablement dans l'ère du sport spectacle, de l'argent roi. Bien loin d'une époque où la plupart des participants étaient encore amateurs et participaient à certains concours inattendus. L'Histoire semble ainsi avoir oublié les Jeux Olympiques de Paris, en 1900, les deuxièmes de l'ère moderne.

Absents de la mémoire collective française - Pierre de Coubertin, le père des Jeux modernes, jugeait le programme olympique «mesquin et indigne de la nation» - ils sont pourtant loin d'avoir été un échec. Ce souvenir mitigé est dû à une édition légèrement fourre-tout, qui dura plus de cinq mois, du 14 mai au 28 octobre. La faute aussi à des épreuves insolites, voire cocasses, qui décrédibilisèrent l'édition aux yeux des puristes. Mais qui étaient aussi le symbole d'une époque et d'un contexte politique particuliers.

Pierre de Coubertin souhaitait que la deuxième édition des Jeux Olympiques ait lieu en France, à Paris. En effet, en 1900, la capitale accueille l'exposition universelle pendant six mois. L'occasion de donner un rayonnement mondial à ces Olympiades. La France veut faire de cette exposition universelle «un tableau des progrès de l’esprit humain pendant tout ce siècle», où l'on célèbre tout à la fois les valeurs républicaines et nationales ainsi que le culte de la science et de l'industrie. Bref, dans cette perspective, l’évocation des Jeux antiques a peu de chance d’être promue au rang d’événement majeur. Le programme olympique est en fait noyé dans la masse de l'exposition universelle, et se confond aussi avec les concours d'exercices physiques et de sport propres à chaque exposition. En fait, les responsables du CIO (Comité International Olympique) eurent même des difficultés à établir après-coup le programme précis des Jeux de 1900 et son palmarès. On raconte même que certains sportifs ne surent jamais qu'ils avaient été champions olympiques.

La France remporte...259 médailles!

Les épreuves non officielles sont un véritable succès populaire. Elles rassemblent près de 60.000 participants, amateurs et scolaires confondus. Elles reflètent le foisonnement sportif de l'époque et le croisement entre des traditions nationales différentes. La France fait cependant preuve d'une inventivité rare pour créer des compétitions à sa mesure et remporter ainsi la bagatelle de 259 médailles selon un décompte non officiel du CIO. Parmi les épreuves rencontrées, on croise ainsi la course en sac, la pêche à la ligne, la pétanque, le tir au canon, aux pigeons, ou encore les courses de ballons.

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Préparer la revanche

Cette édition remplit en fait un objectif éducatif et moral bien particulier aux yeux des dirigeants de la Troisième République: promouvoir le rôle de l'éducation physique auprès des jeunes notamment, mais aussi «rendre hommage aux braves gens» qui s'investissent dans les clubs et sociétés sportives. Cette démocratisation du sport à l'occasion des Jeux est un élément de ciment social pour une société toujours touchée par le choc de la défaite de 1870 contre la Prusse. Ainsi, certains concours sont une manière d'exprimer la vigueur du corps républicain: les épreuves de gymnastique, de tir, de sauvetage permettent de renforcer le corps national et de préparer la revanche.

De la pelote basque au croquet...
 

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Au point de vue sportif, l'édition officielle est un véritable succès. Le nombre d'athlètes est en nette augmentation par rapport aux Jeux de 1896, et les performances sportives de bonne qualité. Ces Jeux proposent au total 95 épreuves dont 13 ouvertes aux femmes. Pour la première fois donc, 22 femmes peuvent tenter de devenir championnes olympiques, en golf ou en tennis principalement. Au tableau des médailles, la France s'en sort également très bien. Réparties sur 25 sites, les épreuves sont pour certaines plutôt inattendues... La lutte à la corde est ainsi une discipline officielle, de même que la pelote basque ou encore le croquet. Le déroulement des compétitions est parfois folklorique. Un match de lutte à la corde entre les Etats-Unis et une équipe suédo-danoise doit être interrompu car les spectateurs viennent en aide à l'équipe américaine, en mauvaise posture.

 


Agrandir le plan

 

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Témoignage d'une époque où les amateurs et scolaires cotoyaient les sportifs tout juste professionnels, où certains sports n'existaient pas encore alors que d'autres vivaient leurs dernières heures olympiques, les Jeux de 1900 sont aussi une des deux seules éditions françaises, avant celle de 1924, toujours à Paris.

Sylvain Mouillard

 

Crédit photos ici.

16 mars 2008

Paris-Pékin en tandem

Un sac, deux sacoches, deux maillots, des cuissardes et un vélo: tel est l’équipement de chacun des 104 participants de Paris-Pékin 2008. Le périple de ces cyclistes, qui doit durer cinq mois, commence samedi 15 mars. Prix de l’aventure: 10.000 € par personne. Parmi eux, deux couples pédaleront en tandem. Entretien avec Mireille Bourel, qui part avec son mari, Henri, en tandem.

Préparation ? Quelques 120 km par semaine…

Quelques jours avant le départ, ils sont sereins. Ils ont toujours fait du vélo, et à haute dose. « On fait nos courses à Bayonne ou à Capbreton à vélo », explique Mireille, 49 ans, habitante d’Ondres, dans les Landes, à 9 km de Bayonne. Mais cette année, « pas de coupure hivernale » pour ce couple de retraités. D’habitude, l’hiver est consacré à des marches en montagne en raquettes. Depuis un an, Henri et Mireille parcourent chaque semaine 120 km sur leur tandem. Sachant que 120 km, c’est à peu près six heures hebdomadaires à 20 km/h, leur préparation est optimale.

 

Les rois du tandem

 
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Les deux couples de tandems : Mireille Bourel, Henri Bourel, Gérard Muller (non voyant), Michel Cabart.

Le tandem, « ça équilibre les forces », déclare Mireille. Le couple a fait « monter » son tandem spécialement pour ce voyage, il est « gris et confortable », de la marque Cannondale, « c’est américain », précise Mireille, contrairement aux autres participants dont le vélo est construit par la société française Cyfac.   

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Le vélo de Paris-Pékin à vélo 2008 est identique pour tous les participants. Sauf pour les 2 tandems. Le cadre est adapté aux mensurations de chaque participant.  Pourquoi le tandem ? Pas pour faire pédaler son mari, « plus fort » qu’elle précise Mireille, mais « parce que c’est un objet de curiosité, dans les pays que l’on va traverser, je suis sure que certains n’en ont jamais vu ! ».

Un défi olympique?

Les Bourel ont déjà traversé en tandem les Etats-Unis en 1999, mais aussi les rocheuses canadiennes et la Thaïlande. Le défi de ces cinq mois vers Pékin : traverser des pays inconnus et vivre en groupe. Les 10 000 € viennent de leur compte épargne retraite qui arrivait à terme, juste à temps pour se lancer dans l’aventure. Mais on « relativise », c’est une « belle aventure de cinq mois, ça fait donc 2000 € par mois ». Samedi 15, les Bourel ont rendez-vous place du Trocadéro, à Paris, pour remettre leur vélo et leurs bagages avant 14 heures. Un sac chacun, mais un vélo pour deux !

Marie Naudascher

10:16 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, JO, Pekin, Paris, velo

14 mars 2008

L'actualité de la semaine

La répression s’accentue au Tibet 

A Lhassa, la situation actuelle est de plus en plus tendue entre les moines et les policiers locaux. Le dernier bilan fait état de plusieurs morts à Lhassa.

Une semaine de contestation des Tibétains en exil 

Les Tibétains en exil ont manifesté, toute la semaine, dans le monde entier à l’occasion du 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa, la capitale du Tibet. A Marseille par exemple, une manifestation s’est déroulée le samedi 8 mars à l’appel de l’association Alternative tibétaine, qui dénonce « la répression et la colonisation sur le Toit du monde ».

Les exilés tibétains en Inde « ont manifesté le jeudi 13 mars dans le nord pour protester contre les JO ».  « La police a arrêté une centaine de Tibétains qui réclamaient l'indépendance de la région himalayenne ». C’est en Inde que les exilés tibétains sont le plus nombreux.

Le toit du monde sous contrôle ? 

Conséquence de l’agitation croissante autour de la question tibétaine : une protection ultra-renforcée de l’Everest, qui doit accueillir la flamme olympique le 10 mai. La polémique enfle depuis le début de la semaine: des sites d’alpinisme ont expliqué que la Chine compte interdire toute expédition étrangère durant cette période, traditionnellement très fréquentée par les alpinistes. Raison officielle : les risques de pollution et de sécurité liés à l’affluence exceptionnelle provoquée par la caravane olympique. Crainte officieuse : des manifestations pro-tibétaines trop voyantes le jour de l’événement. L’Association tibétaine de la montagne a publié un démenti mercredi… suivi du témoignage contradictoire d’un tour-operator népalais, qui organise des expéditions dans l’ Himalaya. 

La Chine a aussi son « super ministère » de l’environnement ! 

Indispensable à l’édification d'une « société harmonieuse » pour le président chinois, la protection de l’environnement est désormais une priorité en Chine. Le Figaro relate la future création par les autorités chinoises d’un « ministère entièrement dédié à l'environnement ». Une manière de redorer le blason du pays, un des plus gros pollueurs mondiaux, sur la scène internationale.

Le très officiel Quotidien du Peuple l’explique, cette création  « reflète le changement de pensée et la prise de conscience exacerbée envers le besoin d'une croissance mieux gérée ». Cette prise en compte de l’environnement suscite quelques résistances, notamment de la part de certaines provinces ou encore du super ministère de l’Industrie, pour qui la croissance est bien la priorité.

Andy Roddick forfait aux Jeux

Andy Roddick, numéro 6 mondial, a annoncé le 12 mars qu’il ne participerait pas aux JO de Pékin cet été. Le joueur de tennis américain préfère se concentrer sur sa préparation pour l’US Open. Il veut défendre son titre à l’Open de Washington qui se déroule du 11 au 17 août, en plein milieu des JO. Dans un communiqué publié par les organisateurs de ce dernier, le tennisman explique que « défendre [son] titre à Washington est la meilleure préparation pour un autre titre en grand chelem ». L’US Open se déroulera à New York du 25 août au 7 septembre.

Menace terroriste sur les Jeux?

Les autorités chinoises clament avoir déjoué un attentat terroriste contre le JO. C’était un projet d’un attentat contre un avion assurant la liaison entre le capitale du Xinjiang, une province séparatiste musulmane du pays, et Pékin. Les organisations de défense des droits de l'homme ont pour leur part constamment accusé Pékin de mener une répression dans le Xinjiang. Certains affirmaient que la Chine cherchait prétexte de la "guerre contre la terreur" pour faire taire ceux qui s'opposent au régime.

Clooney après Spielberg...

La star américaine fait pression sur Omega, le chronométreur officiel des Jeux olympiques de Pékin dont il assure la promotion, pour que le fabricant de montres dénonce publiquement la politique de la Chine au Soudan. "J'ai demandé, et je continuerai à le faire, à la Chine d'utiliser son pouvoir d'influence considérable auprès du gouvernement du Soudan", a souligné mardi 11 mars George Clooney. Nick Hayek, directeur général du groupe Swatch, propriétaire d'Omega, a affirmé le même jour que sa société avait abordé la question du Darfour avec l'acteur. 

En février, le réalisateur américain Steven Spielberg avait cessé sa collaboration avec les organisateurs des JO de Pékin pour les cérémonies d'ouverture et de clôture, pour les mêmes raisons. De plus, George Clooney, Matt Damon, Brad Pitt et Don Cheadle, les acteurs de la trilogie des Ocean ont financé, à travers leur association "Not on our watch", 320 000 euros pour que le Programme alimentaire mondial (PAM) puisse continuer à acheminer de l'aide au Soudan.

13 mars 2008

Comment les athlètes vont-ils se nourrir pendant les JO?

Les scandales alimentaires impliquant les produits chinois se multiplient depuis plusieurs mois : contamination par pesticides ou médicaments pour animaux, nourriture avariée… Malgré ces scandales, Pékin a toujours promis la sécurité alimentaire comme le rapporte l’AFP.  Pas suffisant pour faire taire les interrogations quant à la nature et l’origine des aliments consommés par les athlètes lors des prochains Jeux Olympiques de Pékin.

Le Comité olympique américain (USOC) planifierait tout un système d’importation de nourriture pour que ses athlètes ne mangent aucun produits locaux pendant la compétition. Cette décision répond à la découverte de Frank Puleo, un traiteur américain travaillant pour l’USOC, envoyé en Chine : des taux extrêmement élevés de stéroïdes dans un blanc de poulet mesurant 36 cm. « Nous l’avons fait analyser, et il avait une telle teneur en stéroïdes que nous n’aurions jamais pu en donner aux athlètes. Ils auraient tous été contrôlés positifs » a-t-il déclaré au New York Times.

Les sportifs sont responsables de ce qu’ils mangent

L’USOC prend très au sérieux les risques de contaminations et encourage les athlètes américains à être très vigilant quant à la nourriture qu’ils mangent. Le Comité rappelle que selon le Code l’Agence mondiale anti-dopage (format PDF), « les sportifs sont responsables de ce qu’ils ingèrent », peu importe la source.

Le Comité américain est très soucieux du bien-être de ses athlètes. Il a choisi l’Université Normale de Pékin comme centre d’entraînement, séparé du village olympique officiel. Il aurait également demandé aux athlètes quels aliments ils aimeraient avoir à disposition. Selon le journal de l’Université du Maryland, The retriever weekly, le nageur Michael Phelps, multiple médaillé d’or, aurait demandé des « crabes du Maryland et des gâteaux de crabes ». Les Etats-Unis ne sont pas les seuls à s’inquiéter de l’alimentation de leurs athlètes. Un officiel du Comité olympique australien a défini la sécurité alimentaire comme « le problème numéro un auquel nos équipes seront confrontées. L’Australie devrait, elle aussi, importer une partie de leur nourriture.

Les aliments chinois seront suivis de « la ferme à la fourchette »

La Chine a répondu aux critiques en désignant 36 entreprises comme fournisseurs exclusifs d’aliments pour les athlètes, selon BBC News. Les aliments, cultivés dans des fermes utilisant peu de produits chimiques, seront suivis « de la ferme à la fourchette » avec un système GPS. Le pays hôte fait tout pour écarter les critiques et plaire aux athlètes.

Déjà il y a un an, CCTV, la chaîne de télévision chinoise, expliquait qu’en plus d’être de bonne qualité, la nourriture servie aux athlètes serait à  70% internationale pour être au goût du plus grand nombre. Dans cette même optique, environ 1000 cuisiniers chinois, comme ceux du reportage de la BBC, iront en Angleterre pour apprendre les bases de la gastronomie occidentale.

Kéthévane Gorjestani

11 mars 2008

Pollution à Pékin (suite): Hailé Gebreselassié ne courra pas le marathon.

Le coureur de fond éthiopien avait prévenu, il l'a fait. En raison de la pollution à Pékin, il ne courra pas le marathon, et se consacrera au seul 10 000 mètres.
 

 

09 mars 2008

La pollution à Pékin, un défi pour les athlètes

Des Jeux trop pollués? C'est la crainte qui taraude les organisateurs des Jeux Olympiques, qui doivent débuter à Pékin au mois d'août prochain. Alors qu'une récente tribune publiée dans le Wall Street Journal accusait Pékin de manipuler ses données statistiques sur la pollution, les organisateurs multiplient ces derniers jours les signes de bonne volonté. Une manière de rassurer Jacques Rogge, le président du Comité International Olympique (CIO), qui évoquait encore la semaine dernière « un danger de pollution atmosphérique à Pékin », allant même jusqu'à envisager un report des épreuves d'endurance.

D'ailleurs, les athlètes eux-mêmes ne semblent pas convaincus par les progrès chinois en la matière. Il y a un mois, c'était la légende vivante de la course de fond, l'éthiopien Hailé Gebreselassié, qui émettait des doutes (vidéo) quant à sa participation au marathon en août prochain. Face aux conditions atmosphériques difficiles dans la capitale chinoise, il envisage de se consacrer au 10 000 mètres uniquement, ce qui l'empêcherait d'accrocher le titre suprême du marathon, le seul qui lui manque encore.

Pour d'autres, la pollution n'est pas un problème: ainsi, Kaitlin Sandeno, une nageuse américaine, qui souffre d'asthme depuis l'âge de douze ans. Elle se souvient avoir toujours eu à faire à des difficultés respiratoires lors de ses différentes compétitions. Avec un traitement adapté, dit-elle, tout se passera bien. Et puis, ce sont les Jeux, pas question d'y renoncer. Le docteur Erwin Gelfand, de l'hôpital de Denver, l'un des pionniers dans la lutte contre les maladies respiratoires, préconise même, afin de lutter contre les effets de la pollution durant les Jeux, une utilisation accrue de médicaments tels que le salbutamol. Problème, cette substance est sur la liste des produits dopants. Son emploi devra donc être strictement encadré pour rester dans les clous.

 Le port d'un masque, une atteinte à la fierté nationale chinoise...
 

Du côté du comité olympique américain (USOC), on rappelle que la pollution a souvent été au coeur des discussions avant les Jeux. Ainsi en 1984 à Los Angeles ou lors de la dernière édition, en 2004, à Athènes, une des capitales européennes les plus polluées. Alors, les équipes d'athlétisme américaines se rendront en Chine ou dans la région deux semaines avant le début des compétitions, afin de s'acclimater aux conditions atmosphériques sur place. Les athlètes pourront aussi s'entraîner avec des masques. Mais alors que d'autres comités nationaux envisagent de faire porter des masques à leurs athlètes pendant les compétitions, pas question d'en arriver là pour Steve Roush, le directeur sportif de l'USOC. Cela serait une offense vis-à-vis des autorités chinoises. De toute façon, affirme-t-il, la qualité de l'environnement sera bonne. C'est une question de fierté nationale pour la Chine.

Pourtant, les comités olympiques britanniques, australiens et allemands réfléchissent eux sérieusement à différentes solutions pour contrer cette pollution. Le Sunday Mirror révélait le 2 mars dernier que le comité olympique britannique (BOA) envisageait de demander un changement des règles du CIO, pour permettre aux athlètes de porter un masque muni d'un filtre non seulement pendant les échauffements, mais aussi pendant les compétitions. Selon le journal, l'équipe de boxe américaine, la seule à avoir véritablement testé les conditions d'entraînement à Pékin, n'a pas pu faire plus de 30 minutes de footing dans les rues de la capitale chinoise, en raison de la pollution. Mais pour Paula Radcliffe, la coureuse de fond britannique, ces conditions difficiles pourrait bien être son atout. Dans une interview au Times, elle explique que la pollution rendra le marathon plus sélectif, ce qui pourrait l'avantager.

De son côté, le comité olympique australien (AOC), doit faire face à l'inquiétude de nombre de ses athlètes, dont le cycliste Cadel Evans. Une des pistes envisagées est d'installer un centre de récupération à l'extérieur de la ville et loin de la pollution, le temps de la durée des Jeux, pour les sportifs australiens.

Les épreuves d'équitation elles aussi menacées

Pékin, une des villes les plus polluées au monde, n'est malheureusement pas la seule source d'inquiétude. Hong Kong doit ainsi accueillir les épreuves d'équitation des prochains Jeux. Lundi dernier, les record de pollution ont été battus dans l'ancienne colonie britannique. Une piqûre de rappel, alors qu'en janvier dernier l'équipe de dressage suisse avait annoncé qu'elle se retirait, craignant pour la santé des chevaux.

Sylvain Mouillard

07 mars 2008

Yao Ming, le colosse aux pieds d'argile

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Les fans chinois de basket ont les yeux rivés sur la cheville gauche de ce géant de 2,29 mètres. Yao Ming, le seul joueur chinois à évoluer en NBA, représente à lui seul une chance de médaille pour l’équipe chinoise de basket aux JO de Pékin. Une blessure « de stress » au pied gauche l’a contraint à déclarer forfait pour la saison en cours des Houston Rockets… et peut-être pour les JO.

 
     Le 26 février, John, le principal contributeur du site « YaoMania ! », fan club officiel de Yao Ming, a posté pas moins de quatre messages. Le premier, pour rapporter ces « nouvelles choquantes » : « Je suis absolument abattu. Yao Ming hors jeu pour la saison. J’ai envie de pleurer ». John semble reprendre ses esprits au fil des messages suivants, et pense surtout « à tous les Chinois qui ont 14 heures d’avance sur le fuseau horaire de Houston, et dormaient encore lorsque la nouvelle est tombée ».  La réaction peut sembler démesurée, mais elle est partagée par tous les fans sur les forums consacrés au géant Yao.

 
Son forfait représenterait un drame national

 
Ses bulletins de santé, retranscrits et minutieusement interprétés sur YaoMania !provoquent tour à tour espoir et abattement. Les dirigeants de l’équipe nationale ont soufflé le chaud et le froid durant toute la semaine. Le lendemain de la conférence de presse durant laquelle Yao a annoncé son retrait (vidéo), Hu Jiashi, le vice-président de la Fédération chinoise de basket déclare, dans une interview au China Daily, avoir « commencé à se préparer à jouer sans Yao ».  Les fans se préparent eux aussi au pire durant le week-end, avant de pousser « un soupir de soulagement » lundi, comme le rapporte avec une satisfaction évidente le Quotidien du peuple. Yao Ming a subi avec succès une opération de la cheville, « faisant revivre le rêve olympique de l’équipe chinoise de basket ». Sur le site des Houston Rockets, on apprend que le sportif va certainement « avoir besoin de trois à quatre mois pour se remettre de l’opération, avant de pouvoir commencer la rééducation ». La calcul est vite fait : celle-ci durerait alors deux petits mois, avant l’ouverture des JO le 8 Août prochain…Selon un internaute, des millions de chinois auraient déjà annulé leur inscription au « NBA  League pass », un forfait qui permet de suivre tous les matchs de la NBA.

 
Un champion génétiquement programmé

 
Depuis son entrée dans l’équipe des Houston Rockets au poste de pivot, Yao Ming fait en effet figure d’icône dans son pays, illustrant la volonté de la République populaire de créer des champions comme porte-drapeaux de la puissance chinoise.

Car Yao Ming est bien l’objet d’une création.Un portrait du Times va jusqu’à le décrire comme « une conspiration génétique ». Sa naissance, le 12 septembre 1980, est attendue « depuis trois générations », affirme Wang Chongguang, un ancien coach à la retraite. Selon le Times, il faut revenir à Mao Zedong et sa volonté d’ « introduire les jeunes les mieux dotés par la génétique dans la machine sportive communiste naissante », pour comprendre le parcours pré-formaté de Yao Ming. Il est le produit d’une union arrangée par le Parti communiste entre sa mère, Fang Fengdi, « une austère beauté » d’1 mètre 88, et son père, 2 mètres 08, eux aussi basketteurs professionnels. Hormones de croissance et entraînements intensifs bercent son enfance, comme le raconte Der Spiegel, en vue d’une carrière qui se doit d’être brillante. « Surtout ne pas faire d'erreur. Yao Ming entend tout contrôler, il est arrivé si haut qu'il peut chuter », analyse le journaliste de Der Spiegel. Le 26 février dernier, cette prédiction s’est révélée prémonitoire. « De quoi se poser des questions sur la construction d’une star prédisposée aux blessures », commente un internaute sur le forum de rotonews.com, un site sportif américain, faisant peut-être allusion à la pression excessive qui pesait sur les épaules – les pieds ? – de Yao Ming dans la course à la médaille olympique. Transformant ainsi en colosse aux pieds d’argile un géant programmé pour l’or...

Natalène Mounier

 
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