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10 avril 2008

La pollution inquiète toujours à Pékin

Pékin est l'une des capitales les plus polluées du monde. La Chine avait pourtant promis un nouveau Pékin quand elle avait été choisie pour organiser les Jeux il y a quelques années. Mais moins de cinq mois avant la cérémonie d'ouverture, le gouvernement chinois n'arrive toujours pas à contrôler la pollution atmosphérique, due surtout aux activités industrielles.

 « Selon le SEPA (State Environmental Protection Administration of China), l'index de pollution de l'air mardi dernier à Pékin était de 5 sur une échelle qui en compte... 5 » . Un niveau si dangereux que les enfants du Lycée Français de Pékin a été obligé de rester à l¹intérieur de leurs salles de cours. Pour les Pékinois, habitués à sentir les particules de pollution dans l¹air, la lutte contre la pollution n'est pas un sujet d'inquiétude majeur. Pourtant, plusieurs mesures ont été mises en place pour atténuer la pollution à l¹approche des JO : réduire le tarif des transports en commun pour encourager les déplacements en métro et en bus, restreindre de moitié le flux de voitures en mettant en place un système de circulation alternée : un jour les voitures paires, un autre les voitures impaires, interdire le travail sur les chantiers pendant les Jeux. Malgré ces mesures, certains athlètes refusent de participer aux compétitions pour se protéger. Ainsi, « Haile Gebreselassie, détenteur du record du monde de marathon, a déclaré que "la pollution en Chine représente une menace pour ma santé et il serait difficile pour moi de courir 42 kilomètres dans les conditions actuelles" », annonce le JDD.  


 
Les mesures du gouvernement chinois ne suffisent-elles pas à améliorer la qualité de l'air?   


Premier problème : ces mesures sont très mal appliquées dans les usines aux alentours de Pékin qui, pour la plupart d¹entre elles, fonctionnent encore au charbon, la ressource énergétique la plus abondante et la moins coûteuse dans ce pays en voie de développement, comme l'explique cet ingénieur chinois. «70 % de la production est à base de charbon, on ne contrôle pas le CO2 qui sort des cheminées», dit-il.Par ailleurs, la nature étant déjà détériorée, la protection de l'environnement ne se fait pas en quelques mois ou même en quelques années. Changer les mauvaises habitudes est un travail de longue haleine, et les contrôles peinent à se mettre en place. Autre source d¹inquiétude : les tempêtes de sable, qui ont encore touché la capitale chinoise cette année avec « 10 jours de temps de tempêtes de sables ce printemps, un chiffre approchant à peu près la moyenne du niveau annuel ».  
     

Provenant pour une grande partie du désert en Mongolie intérieure, le sable ramène de la poussière jusqu'à la capitale dès qu'un vent fort souffle.Bon gré mal gré, le gouvernement chinois a créé un ministère de l'environnement. Mais « la SEPA reconnaît qu'elle ne dispose pas à l'heure actuelle des moyens pour ses ambitions. »

La Chine : exemple typique d¹un pays où la croissance économique prime par rapport à l'environnement?

Il y a finalement peu d'espoir que la situation environnementale change radicalement en quelques mois dans un pays de cette taille. Mais l'enjeu, pour la Chine, est qu'elle puisse mettre en place les dispositifs pour réduire la pollution pas seulement pour le bien être des athlètes, mais aussi après les JO, pour celui de ses habitants également.    

 Et vous, pensez-vous que la qualité de l'air puisse influencer la performance des athlètes aux JO?     

  Zhuoying Feng

03 avril 2008

Les sportifs ou comment boycotter les Jeux sans les boycotter

            Aux premiers jours de la répression au Tibet, les sportifs ont refusé toute idée d’un boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Mais, après une cérémonie d’allumage de la flamme olympique perturbée, elle a pris une nouvelle dimension. Les athlètes, notamment les Français, se sont illustrés par des prises de positions fortes.

            Romain Mesnil, le vice-champion du monde et d’Europe de saut à la perche, et Président du Syndicat des Athlètes Français, a ainsi proposé que les sportifs portent un ruban vert pour marquer leur « attachement aux droits de l’Homme ». Une initiative que le Comité International olympique (CIO) s’est empressé de classer comme violation de la charte olympique qui exclu toute manifestation politique dans une enceinte olympique. Une règle réaffirmée aux championnats d’Europe d’Eindhoven, avec l’exclusion d’un nageur serbe affichant son opposition à l’indépendance du Kosovo.

            Leslie Djhone, le coureur français, s’est dit lui prêt à « boycotter la cérémonie d’ouverture » par « solidarité ». D’autres athlètes vont même plus loin. Des sportifs allemands auraient fait part au quotidien allemand Bild, de leur intention de ne pas se rendre en Chine cet été. 

            D’anciens athlètes, souvent mêlés à de précédents boycotts, jugent toutefois cette action inutile. « Ce n’est pas parce que certains ne sont pas allés aux jeux olympiques de Moscou que les Russes se sont retirés d’Afghanistan », a assuré Sharron Davies, la nageuse britannique médaillée aux Jeux de Moscou en 1980 boycottés par les Etats-Unis. « C’est la même chose avec Pékin », a-t-elle ajoutée dans une interview sur Sky News.

            D’autres, comme le vice-champion du monde du 50km marche, Yohann Diniz et le nouveau roi du sprint, le nageur Alain Bernard ont évoqué l’hypothèse d’un boycott de la cérémonie d’ouverture par les chefs d’Etat et de gouvernement. Interrogé lundi soir par TF1, le nouveau recordman du 50m et du 100m a affirmé qu’un tel boycott serait « un signe fort des hommes politiques » mais que ça restait « une décision politique ». 

            Cette action, majoritairement souhaitée par les Français (sondage CSA pour RSF et IFOP pour l’Equipe), pourrait être soutenue par le Secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, qui a déclaré mardi qu’il n’était « pas contre » un boycott de la cérémonie d’ouverture. « Mais sincèrement, je crois que cela ne changera rien » a-t-il ajouté. Silencieux jusque là, Nicolas Sarkozy a déclaré « je ne ferme la porte à aucune éventualité », l’Elysée précisant dans la foulée qu’il évoquait la cérémonie d’ouverture et non l’ensemble des Jeux.

Kéthévane Gorjestani

Boycott or not boycott

Cela fait plus de dix jours que toute la planète s'agite autour de la question tibétaine. Unanimes pour dénoncer les violences chinoises à l'encontre des Tibétains, les dirigeants occidentaux sont restés très prudents quant à d'éventuelles sanctions contre Pékin, moins de 5 mois avant le début des Jeux. Le boycott des JO s'est pourtant peu à peu imposé comme la menace suprême à brandir aux dirigeants chinois. Une possibilité qui suscite des réactions diverses dans le monde et sur la Toile. 

 

C'est l'ONG Reporters sans Frontières qui avait mis sur la table la possibilité du boycott, en appelant « les chefs d’Etat, les chefs de gouvernement et les membres de familles royales à boycotter la cérémonie d’ouverture de Pékin 2008, le 8 août prochain ». Il n'était par contre pas question d'un boycott total des Jeux, l'objectif n'étant pas pour l'association « de priver les athlètes de la plus grande compétition sportive mondiale ni le public d’un tel spectacle ». 

Un boycott de la cérémonie d'ouverture à défaut des Jeux eux-mêmes? 

Mais finalement, bien peu de politiques sont prêts à emboîter le pas aux BHL, Steven Spielberg ou encore Rochard Gere, qui ont eux appelé à boycotter purement et simplement les Jeux. En France, des dirigeants socialistes comme Ségolène Royal ou encore Jack Lang se sont déclarés en faveur d'une « menace de boycott », tandis que Nicolas Sarkozy laissait planer le doute mardi sur l'éventualité d'un boycott de la cérémonie d'ouverture. 

 

Une position partagée par de nombreux sportifs français, qui n'envisagent pas un seul instant de renoncer à une compétition pour laquelle ils se sont tant préparés.

Pour L'Oursin, un internaute qui a laissé un commentaire à la suite de l'article du Point, « participer à la cérémonie d'ouverture des JO apportera une caution au gouvernement communiste, qui ne manquera pas de l'instrumentaliser pour légitimer aux yeux de son peuple la justesse de sa politique de répression en prouvant l'indifférence des démocraties ». Une raison de plus, donc, pour ne pas y assister. 

Inefficace, le boycott? 

Outre-Rhin, Christof Siemes rappelle dans Die Zeit que le boycott n'a pas toujours été efficace dans l'histoire des Jeux. Qu'il s'agisse du boycott des Jeux de Moscou par les occidentaux en 1980, ou de ceux de Los Angeles par les Soviétiques quatre ans plus tard, cela avait eu plutôt pour effet de renforcer les pulsions nationalistes. Le journaliste allemand ironise aussi sur l'actuel emballement appelant au boycott, alors que les dirigeants du CIO savaient très bien il y a sept ans, au moment d'attribuer les Jeux à Pékin, que la Chine bafouait les droits de l'homme. Pourtant, les sportifs allemands semblent faire partie des plus réticents à l'idée d'aller à Pékin, certains d'entre eux envisageant même de renoncer aux Jeux.

Une éventualité que Elbe, sur son blog, n'envisage même pas. Critiquant « le réveil tardif des appelants au boycott », il souligne en outre que son « impact médiatique à l’intérieur même de la Chine risque d’être plus mesuré voire inexistant ». Face à la maîtrise par les autorités chinoises des journaux, de la télévision et d'internet, il craint qu'un boycott ne devienne une simple « manifestation entre bonnes consciences occidentales pendant que le gouvernement chinois récolte le prestige et la fierté populaire des jeux olympiques ». Patrick Lagacé, sur son blog, rajoute que « demander aux athlètes de porter, seuls, le poids de nos convictions, c’est un peu hypocrite».

Silence, on vend! 

C'est finalement ce que souligne aussi le journaliste Jean-Michel Apathie, qui explique que chaque citoyen va être placé face à sa «mauvaise conscience ». « Les "jeux", dit-il, qui sont le symbole de la fraternité humaine, vont se dérouler dans une dictature. Et nous applaudirons, depuis nos fauteuis de nos salons devant nos téléviseurs, les exploits des "joueurs" des "jeux" en sachant très bien que croupissent dans les prisons chinoises des femmes et des hommes dont la seule faute, le seul tort, aura été de réclamer davantage de libertés civiles». Car pour le journaliste, ce sont les «engagements financiers» qui justifient le peu de réactions contre les entorses aux droits de l'homme commises par Pékin.

Slate, un site d'informations américain, soulignait récemment le poids des enjeux commerciaux et économiques de cette olympiade, et citait un des sponsors principaux des Jeux, Samsung Electronics. L'entreprise expliquait donc que « les Jeux Olympiques ne sont pas le lieu pour des manifestations ». 

Sylvain Mouillard

30 mars 2008

Médias chinois/ Médias occidentaux : Où est la propagande ?

Les accusations fusent par web interposé. Pour les médias chinois, la couverture faite par les journalistes occidentaux des troubles au Tibet est partiale et conditionnée par une idéologie pro-tibétaine. Ces derniers répondent en objectant la soumission inconditionnelle de leurs confrères chinois au régime de Hu Jintao, alimentant une guerre médiatique qui laisse perplexe. Revue des batailles de la semaine.

« Comment la télé chinoise exploite les émeutes de Lhassa » : ce titre d’une reportage de TF1 ne mâche pas ses mots. Les journalistes y évoquent le traitement des émeutes au Tibet par leurs confrères chinois, en s’appuyant sur des reportages diffusés par la télévision chinoise le même jour ... en y ajoutant des corrections, façon cours magistral.

Cette leçon de journalisme est vécue comme un affront par les médias chinois, qui les accusent, à leur tour, de déformer la vérité.

Fautes professionnelles ou propagande anti-chinoise ?

Le dernier épisode de cette guerre médiatique s’est joué autour de cette image :

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A gauche, la photo publiée par CNN pour illustrer les émeutes au Tibet : des insurgés poursuivis par un char chinois...et c'est tout

Or, à droite de la ligne apparaissent des Tibétains en train de caillasser ce même char. Un détail omis par la chaîne américaine.

Or photo tronquée = déformation de la vérité. C’est la conclusion qu’ont tiré de cette erreur certains bloggeurs chinois, qui y voient la preuve que la propagande anti-chinoise sévit dans les médias occidentaux. Et pour accréditer leurs dires, ils rappellent que « CNN est connu pour travestir la réalité dans ses reportages », qu’« ils ont fait la même chose pour l’Irak ». ..

Cette fois-ci, la chaîne américaine est restée campée sur ses positions, et s’est défendu dans une lettre de mise au point  adressée au site internet de France 24 (lien en anglais), alléguant des raisons techniques : « L’image en question devait être réduite au format standard utilisé pour les articles sur CNN.com ».

L’honneur est sauf pour CNN. La situation est plus embarrassante pour RTL TV, une chaîne de télévision allemande, contrainte de présenter ses excuses suite à l’utilisation d’une photo erronée : 

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Selon le présentateur, l’image montre un policier chinois réprimant un manifestant au Tibet. Or il s’agit d’un policier népalais… La scène se passe en effet à Katmandou, au Népal.

Un épisode qui a fait la joie de la chaîne gouvernementale CCTV, qui propose sur son site un lien vers la « vidéo d’excuse », avant de préciser que « RTL TV n’est pas le seul média occidental à avoir été critiqué pour avoir donné de fausses informations concernant les récents troubles au Tibet », citant entre autres le quotidien allemand « Berlin morningpost » (une légende erronée en cause cette fois-ci).

Des  mises au point qui ont toutes les apparences de règlements de comptes, et laissent présager une collaboration tendue entre médias chinois et occidentaux durant les JO.

Ces accusations de « propagande anti-chinoise » vous étonnent-elles ? Pensez-vous que les médias occidentaux livrent une analyse nuancée et complète des événements au Tibet ?

                                                                                                                                Natalène Mounier

13 mars 2008

Comment les athlètes vont-ils se nourrir pendant les JO?

Les scandales alimentaires impliquant les produits chinois se multiplient depuis plusieurs mois : contamination par pesticides ou médicaments pour animaux, nourriture avariée… Malgré ces scandales, Pékin a toujours promis la sécurité alimentaire comme le rapporte l’AFP.  Pas suffisant pour faire taire les interrogations quant à la nature et l’origine des aliments consommés par les athlètes lors des prochains Jeux Olympiques de Pékin.

Le Comité olympique américain (USOC) planifierait tout un système d’importation de nourriture pour que ses athlètes ne mangent aucun produits locaux pendant la compétition. Cette décision répond à la découverte de Frank Puleo, un traiteur américain travaillant pour l’USOC, envoyé en Chine : des taux extrêmement élevés de stéroïdes dans un blanc de poulet mesurant 36 cm. « Nous l’avons fait analyser, et il avait une telle teneur en stéroïdes que nous n’aurions jamais pu en donner aux athlètes. Ils auraient tous été contrôlés positifs » a-t-il déclaré au New York Times.

Les sportifs sont responsables de ce qu’ils mangent

L’USOC prend très au sérieux les risques de contaminations et encourage les athlètes américains à être très vigilant quant à la nourriture qu’ils mangent. Le Comité rappelle que selon le Code l’Agence mondiale anti-dopage (format PDF), « les sportifs sont responsables de ce qu’ils ingèrent », peu importe la source.

Le Comité américain est très soucieux du bien-être de ses athlètes. Il a choisi l’Université Normale de Pékin comme centre d’entraînement, séparé du village olympique officiel. Il aurait également demandé aux athlètes quels aliments ils aimeraient avoir à disposition. Selon le journal de l’Université du Maryland, The retriever weekly, le nageur Michael Phelps, multiple médaillé d’or, aurait demandé des « crabes du Maryland et des gâteaux de crabes ». Les Etats-Unis ne sont pas les seuls à s’inquiéter de l’alimentation de leurs athlètes. Un officiel du Comité olympique australien a défini la sécurité alimentaire comme « le problème numéro un auquel nos équipes seront confrontées. L’Australie devrait, elle aussi, importer une partie de leur nourriture.

Les aliments chinois seront suivis de « la ferme à la fourchette »

La Chine a répondu aux critiques en désignant 36 entreprises comme fournisseurs exclusifs d’aliments pour les athlètes, selon BBC News. Les aliments, cultivés dans des fermes utilisant peu de produits chimiques, seront suivis « de la ferme à la fourchette » avec un système GPS. Le pays hôte fait tout pour écarter les critiques et plaire aux athlètes.

Déjà il y a un an, CCTV, la chaîne de télévision chinoise, expliquait qu’en plus d’être de bonne qualité, la nourriture servie aux athlètes serait à  70% internationale pour être au goût du plus grand nombre. Dans cette même optique, environ 1000 cuisiniers chinois, comme ceux du reportage de la BBC, iront en Angleterre pour apprendre les bases de la gastronomie occidentale.

Kéthévane Gorjestani

09 mars 2008

La pollution à Pékin, un défi pour les athlètes

Des Jeux trop pollués? C'est la crainte qui taraude les organisateurs des Jeux Olympiques, qui doivent débuter à Pékin au mois d'août prochain. Alors qu'une récente tribune publiée dans le Wall Street Journal accusait Pékin de manipuler ses données statistiques sur la pollution, les organisateurs multiplient ces derniers jours les signes de bonne volonté. Une manière de rassurer Jacques Rogge, le président du Comité International Olympique (CIO), qui évoquait encore la semaine dernière « un danger de pollution atmosphérique à Pékin », allant même jusqu'à envisager un report des épreuves d'endurance.

D'ailleurs, les athlètes eux-mêmes ne semblent pas convaincus par les progrès chinois en la matière. Il y a un mois, c'était la légende vivante de la course de fond, l'éthiopien Hailé Gebreselassié, qui émettait des doutes (vidéo) quant à sa participation au marathon en août prochain. Face aux conditions atmosphériques difficiles dans la capitale chinoise, il envisage de se consacrer au 10 000 mètres uniquement, ce qui l'empêcherait d'accrocher le titre suprême du marathon, le seul qui lui manque encore.

Pour d'autres, la pollution n'est pas un problème: ainsi, Kaitlin Sandeno, une nageuse américaine, qui souffre d'asthme depuis l'âge de douze ans. Elle se souvient avoir toujours eu à faire à des difficultés respiratoires lors de ses différentes compétitions. Avec un traitement adapté, dit-elle, tout se passera bien. Et puis, ce sont les Jeux, pas question d'y renoncer. Le docteur Erwin Gelfand, de l'hôpital de Denver, l'un des pionniers dans la lutte contre les maladies respiratoires, préconise même, afin de lutter contre les effets de la pollution durant les Jeux, une utilisation accrue de médicaments tels que le salbutamol. Problème, cette substance est sur la liste des produits dopants. Son emploi devra donc être strictement encadré pour rester dans les clous.

 Le port d'un masque, une atteinte à la fierté nationale chinoise...
 

Du côté du comité olympique américain (USOC), on rappelle que la pollution a souvent été au coeur des discussions avant les Jeux. Ainsi en 1984 à Los Angeles ou lors de la dernière édition, en 2004, à Athènes, une des capitales européennes les plus polluées. Alors, les équipes d'athlétisme américaines se rendront en Chine ou dans la région deux semaines avant le début des compétitions, afin de s'acclimater aux conditions atmosphériques sur place. Les athlètes pourront aussi s'entraîner avec des masques. Mais alors que d'autres comités nationaux envisagent de faire porter des masques à leurs athlètes pendant les compétitions, pas question d'en arriver là pour Steve Roush, le directeur sportif de l'USOC. Cela serait une offense vis-à-vis des autorités chinoises. De toute façon, affirme-t-il, la qualité de l'environnement sera bonne. C'est une question de fierté nationale pour la Chine.

Pourtant, les comités olympiques britanniques, australiens et allemands réfléchissent eux sérieusement à différentes solutions pour contrer cette pollution. Le Sunday Mirror révélait le 2 mars dernier que le comité olympique britannique (BOA) envisageait de demander un changement des règles du CIO, pour permettre aux athlètes de porter un masque muni d'un filtre non seulement pendant les échauffements, mais aussi pendant les compétitions. Selon le journal, l'équipe de boxe américaine, la seule à avoir véritablement testé les conditions d'entraînement à Pékin, n'a pas pu faire plus de 30 minutes de footing dans les rues de la capitale chinoise, en raison de la pollution. Mais pour Paula Radcliffe, la coureuse de fond britannique, ces conditions difficiles pourrait bien être son atout. Dans une interview au Times, elle explique que la pollution rendra le marathon plus sélectif, ce qui pourrait l'avantager.

De son côté, le comité olympique australien (AOC), doit faire face à l'inquiétude de nombre de ses athlètes, dont le cycliste Cadel Evans. Une des pistes envisagées est d'installer un centre de récupération à l'extérieur de la ville et loin de la pollution, le temps de la durée des Jeux, pour les sportifs australiens.

Les épreuves d'équitation elles aussi menacées

Pékin, une des villes les plus polluées au monde, n'est malheureusement pas la seule source d'inquiétude. Hong Kong doit ainsi accueillir les épreuves d'équitation des prochains Jeux. Lundi dernier, les record de pollution ont été battus dans l'ancienne colonie britannique. Une piqûre de rappel, alors qu'en janvier dernier l'équipe de dressage suisse avait annoncé qu'elle se retirait, craignant pour la santé des chevaux.

Sylvain Mouillard

07 mars 2008

Yao Ming, le colosse aux pieds d'argile

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Les fans chinois de basket ont les yeux rivés sur la cheville gauche de ce géant de 2,29 mètres. Yao Ming, le seul joueur chinois à évoluer en NBA, représente à lui seul une chance de médaille pour l’équipe chinoise de basket aux JO de Pékin. Une blessure « de stress » au pied gauche l’a contraint à déclarer forfait pour la saison en cours des Houston Rockets… et peut-être pour les JO.

 
     Le 26 février, John, le principal contributeur du site « YaoMania ! », fan club officiel de Yao Ming, a posté pas moins de quatre messages. Le premier, pour rapporter ces « nouvelles choquantes » : « Je suis absolument abattu. Yao Ming hors jeu pour la saison. J’ai envie de pleurer ». John semble reprendre ses esprits au fil des messages suivants, et pense surtout « à tous les Chinois qui ont 14 heures d’avance sur le fuseau horaire de Houston, et dormaient encore lorsque la nouvelle est tombée ».  La réaction peut sembler démesurée, mais elle est partagée par tous les fans sur les forums consacrés au géant Yao.

 
Son forfait représenterait un drame national

 
Ses bulletins de santé, retranscrits et minutieusement interprétés sur YaoMania !provoquent tour à tour espoir et abattement. Les dirigeants de l’équipe nationale ont soufflé le chaud et le froid durant toute la semaine. Le lendemain de la conférence de presse durant laquelle Yao a annoncé son retrait (vidéo), Hu Jiashi, le vice-président de la Fédération chinoise de basket déclare, dans une interview au China Daily, avoir « commencé à se préparer à jouer sans Yao ».  Les fans se préparent eux aussi au pire durant le week-end, avant de pousser « un soupir de soulagement » lundi, comme le rapporte avec une satisfaction évidente le Quotidien du peuple. Yao Ming a subi avec succès une opération de la cheville, « faisant revivre le rêve olympique de l’équipe chinoise de basket ». Sur le site des Houston Rockets, on apprend que le sportif va certainement « avoir besoin de trois à quatre mois pour se remettre de l’opération, avant de pouvoir commencer la rééducation ». La calcul est vite fait : celle-ci durerait alors deux petits mois, avant l’ouverture des JO le 8 Août prochain…Selon un internaute, des millions de chinois auraient déjà annulé leur inscription au « NBA  League pass », un forfait qui permet de suivre tous les matchs de la NBA.

 
Un champion génétiquement programmé

 
Depuis son entrée dans l’équipe des Houston Rockets au poste de pivot, Yao Ming fait en effet figure d’icône dans son pays, illustrant la volonté de la République populaire de créer des champions comme porte-drapeaux de la puissance chinoise.

Car Yao Ming est bien l’objet d’une création.Un portrait du Times va jusqu’à le décrire comme « une conspiration génétique ». Sa naissance, le 12 septembre 1980, est attendue « depuis trois générations », affirme Wang Chongguang, un ancien coach à la retraite. Selon le Times, il faut revenir à Mao Zedong et sa volonté d’ « introduire les jeunes les mieux dotés par la génétique dans la machine sportive communiste naissante », pour comprendre le parcours pré-formaté de Yao Ming. Il est le produit d’une union arrangée par le Parti communiste entre sa mère, Fang Fengdi, « une austère beauté » d’1 mètre 88, et son père, 2 mètres 08, eux aussi basketteurs professionnels. Hormones de croissance et entraînements intensifs bercent son enfance, comme le raconte Der Spiegel, en vue d’une carrière qui se doit d’être brillante. « Surtout ne pas faire d'erreur. Yao Ming entend tout contrôler, il est arrivé si haut qu'il peut chuter », analyse le journaliste de Der Spiegel. Le 26 février dernier, cette prédiction s’est révélée prémonitoire. « De quoi se poser des questions sur la construction d’une star prédisposée aux blessures », commente un internaute sur le forum de rotonews.com, un site sportif américain, faisant peut-être allusion à la pression excessive qui pesait sur les épaules – les pieds ? – de Yao Ming dans la course à la médaille olympique. Transformant ainsi en colosse aux pieds d’argile un géant programmé pour l’or...

Natalène Mounier

 
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