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20 avril 2008

Romain Mesnil, perchiste militant

Romain Mesnil s’élançant perche en main pour franchir une barre à près de 6m de haut…une image qu’on aurait pu ne jamais voir. C’est par la gymnastique que cet albigeois d'adoption est arrivé au sport à l’âge de 7 ans. Ce n’est que par hasard qu'il découvre la perche en 1992, à l’âge de 15 ans.

 

Pendant longtemps, il cumule le sport et les études d’ingénieur à Toulouse. Sacré champion de France (1997) puis d’Europe (1999) en espoir, il obtient son diplôme en 2001. Physique avantageux (1,88 m pour 80 kg) qui ne laisse pas les filles indifférentes, aisance sur les perchoirs,…les commentateurs ont vite fait de voir en lui le successeur du champion français Jean Galfione, avec qui il s'entend bien . Mais Romain Mesnil tarde à confirmer, semblant céder face à la pression des grands rendez-vous comme aux Jeux de Sydney en 2000.

En 2003, il rejoint le groupe d’entraînement de Georges Martin à Bordeaux et établit la meilleure performance mondiale de l’année à 5m95. Malgré une grosse intervention chirurgicale à la cheville qui le tient écarté de la compétition, il revient à son meilleur niveau en 2006 et vice champion d’Europe à Göteborg puis du monde à Osaka.

"Le sport, c'est politique" 

A 30 ans, marié à une ancienne perchiste et père de deux enfants: Sohan, 3 ans et Titouan, à peine 1 mois, il semble s'être posé. Ses compagnons d'entraînement disent que «Romain était un dilettante, qui ne s’inquiétait pas de grand-chose. Il avait du mal à s’impliquer.» Sportif et chef de famille accompli, il est aussi très engagé. Depuis 2007, il est président du syndicat des athlètes français. Il refuse de rester cantonné au rôle de sportif sans opinion. «Le sport, c’est politique, c’est économique, c’est au cœur de la société», dit-il dans Libération.

En pleine polémique sur les Droits de l'homme en Chine et la situation au Tibet, il a proposé aux athlètes français de porter un ruban vert, couleur de l’espoir, pendant les Jeux de Pékin « pour montrer qu'en tant que sportif on montre qu'on est sensibilisé et qu'on veut faire quelque chose ». Il a aussi lancé un appel au président chinois, Hu Jintao, dans une lettre publiée dans le Nouvel Observateur. Mais considéré comme un signe distinctif à connotation politique, le port de ce ruban a été interdit par le Comité International Olympique.

Décidés à marquer leur désaccord, Mesnil et d’autres athlètes, ont imaginé un badge représentant les anneaux olympiques « pour un monde meilleur ». Le président du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), Henri Serandour a annoncé récemment que ce badge serait également interdit. Romain Mesnil s'est dit « évidement déçu » de cette décision sur son site officiel et dans la presse. Il a ajouté que le but des sportifs français était « que les athlètes du monde entier puissent porter ce badge ».

 

Kéthévane Gorjestani

18 avril 2008

Diniz marche à gauche

a4e03c717828cd4e008c69729dd7f2da.jpgLes Français découvrent Yohann Diniz en août 2006. Le marcheur, 28 ans, cheveux longs et un peu maigrelet pour ses 1,85m, devient champion d’Europe du 50km, après 3h41 de souffrance sous une pluie battante. Un an plus tard, il est deuxième aux championnats du monde. 

Le 22 août prochain, il espère bien atteindre la consécration aux JO. Il aura alors avalé des milliers de kilomètres d’entraînement. «De 15 à 40 km le matin, selon la période de l’année ». Le soir, c’est récupération. « Pas plus de 8 km ». Rien que ça. Et bien entendu, le tout avec « ce geste du bassin "du cul qui tourne" pas très conventionnel », mais que Diniz trouve «beau ». 

Une discipline ingrate, la marche. La jambe doit être tendue tant que le pied est au sol. Souvent, ça vire au drame. A quelques kilomètres de l’arrivée, un juge vient agiter un petit drapeau rouge devant le marcheur. Disqualifié. Motif ? Il a décollé le pied trop vite. 

Souvent disqualifié, Diniz a changé sa technique, « trop risquée ». Aussitôt, les bons résultats suivent. (Vidéos de la technique de course ici). Son entraîneur, l’ancien marcheur Denis Langlois, le trouvait  « excessif un peu dans tout. Jamais rassasié. Parfois, il est tellement dans son truc qu’il ne se rend pas compte qu’il peut avoir des attitudes blessantes, par maladresse » explique-t-il. Diniz s’est calmé, assagi. Grâce à la paternité, peut- être. Père d’un petit garçon de deux ans, il vit avec Céline, professeur de français, depuis six ans. Elle l’ équilibre. 

Diniz grandit dans un milieu ouvrier. Il se met tardivement à la marche, en 2000. Il a alors 22 ans, une licence d’œnologie, et s’éclate plutôt dans les « chouilles entre potes » que sur les pistes d’athlétisme. Mais il prend conscience de ses capacités. Faute de temps, il doit abandonner son activité de militant à la LCR. C’est cet engagement politique qui l’a sorti de ses écarts, parfois trash : LSD, ecstasy… Aujourd’hui, son cœur reste à gauche. Un discours engagé, plutôt atypique dans le milieu sportif. En septembre dernier, au journaliste de Libération qui le suivait, il disait lire « Kundera, Vargas Llosa, Malraux, Baudelaire, ce que [sa] femme [lui] fait découvrir, le Manifeste du Parti communiste et des trucs un peu rouges » .

Yohann Diniz s’est dit prêt à boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux en posant pour l’Equipe Magazine, avec dans ses mains le portrait d’un prisonnier politique chinois. Mais il reste dubitatif sur les possibilités d’action des sportifs, et regrette le double langage des politiques : « Pourquoi n’a-t-on rien dit quand Sarkozy est venu en VRP vendre des Airbus et des centrales nucléaires à Pékin ? » 

A bientôt 30 ans, Diniz n’oublie pas d’où il vient. Il habite un F3 à Soissons (Aisne) et sait qu’il est « un privilégié ». Après pas mal de galères, longtemps emploi jeune, aujourd’hui Diniz marche droit.

Sylvain Mouillard

13:38 Publié dans JO Express | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diniz, marche, JO, engagement

11 avril 2008

Liu, le «Zizou» chinois

Il est une icône en Chine. Liu Xiang est détenteur du record du monde du 110m haies et l’incarnation dans son pays du parfait athlète, beau, brillant et branché.

On le surnomme même «Liu volant». «A Shanghai, sa ville natale, l'histoire de sa (courte) vie est même déjà enseignée dans les écoles primaires…Liu, le premier Asiatique à remporter une médaille d'or olympique dans une épreuve d'athlétisme» est devenu «un véritable culte», raconte ce journaliste d'athledunet.com.Selon un blog anglais, il a remporté en 2007 deux titres, celui du meilleur et du plus populaire des athlètes.

Sa réussite?Le fruit d'un entraînement ultra rude. «Avec d'inlassables efforts et des entraînements de plus en plus durs, Liu Xiang manifeste un don naturel pour la course de haies», précise le site de Radio Chine International. Dans la vidéo suivante, on peut voir à quel point Liu s’entraîne à fond. A chaque fois, il s’élance comme s’il était en finale des Jeux.

Très médiatisé, il continue à aimer le karaoké. Certains de ses fans n’hésitent d’ailleurs pas à le qualifier de «grand chanteur». La preuve ici, où on le voit pousser la chansonnette avec quelques chanteurs célèbres en Chine. Liu n’est pas un bad boy. Pour lui, c'est simple, «seuls les mauvais garçons ont des tatouages.» A 21 ans, Liu «n'a pas de petite amie.» Pour beaucoup de Chinoises, il est pourtant le «copain idéal». Mais Liu sait déjà ce qu'il cherche:  «la principale qualité que doit avoir ma femme, c'est le respect envers ses parents».

Liu a été le premier relayeur lors du passage de la torche olympique à Pékin. Héros de tout un pays, il est «protégé» par le gouvernement et les médias chinois pour qu’il puisse se préparer dans les meilleures conditions. Le «Zizou chinois» ne devra pas décevoir sur sa distance fétiche dans quatre mois...

Zhuoying Feng

16:23 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Liu Xiang, JO, haies, relayeur

10 avril 2008

La pollution inquiète toujours à Pékin

Pékin est l'une des capitales les plus polluées du monde. La Chine avait pourtant promis un nouveau Pékin quand elle avait été choisie pour organiser les Jeux il y a quelques années. Mais moins de cinq mois avant la cérémonie d'ouverture, le gouvernement chinois n'arrive toujours pas à contrôler la pollution atmosphérique, due surtout aux activités industrielles.

 « Selon le SEPA (State Environmental Protection Administration of China), l'index de pollution de l'air mardi dernier à Pékin était de 5 sur une échelle qui en compte... 5 » . Un niveau si dangereux que les enfants du Lycée Français de Pékin a été obligé de rester à l¹intérieur de leurs salles de cours. Pour les Pékinois, habitués à sentir les particules de pollution dans l¹air, la lutte contre la pollution n'est pas un sujet d'inquiétude majeur. Pourtant, plusieurs mesures ont été mises en place pour atténuer la pollution à l¹approche des JO : réduire le tarif des transports en commun pour encourager les déplacements en métro et en bus, restreindre de moitié le flux de voitures en mettant en place un système de circulation alternée : un jour les voitures paires, un autre les voitures impaires, interdire le travail sur les chantiers pendant les Jeux. Malgré ces mesures, certains athlètes refusent de participer aux compétitions pour se protéger. Ainsi, « Haile Gebreselassie, détenteur du record du monde de marathon, a déclaré que "la pollution en Chine représente une menace pour ma santé et il serait difficile pour moi de courir 42 kilomètres dans les conditions actuelles" », annonce le JDD.  


 
Les mesures du gouvernement chinois ne suffisent-elles pas à améliorer la qualité de l'air?   


Premier problème : ces mesures sont très mal appliquées dans les usines aux alentours de Pékin qui, pour la plupart d¹entre elles, fonctionnent encore au charbon, la ressource énergétique la plus abondante et la moins coûteuse dans ce pays en voie de développement, comme l'explique cet ingénieur chinois. «70 % de la production est à base de charbon, on ne contrôle pas le CO2 qui sort des cheminées», dit-il.Par ailleurs, la nature étant déjà détériorée, la protection de l'environnement ne se fait pas en quelques mois ou même en quelques années. Changer les mauvaises habitudes est un travail de longue haleine, et les contrôles peinent à se mettre en place. Autre source d¹inquiétude : les tempêtes de sable, qui ont encore touché la capitale chinoise cette année avec « 10 jours de temps de tempêtes de sables ce printemps, un chiffre approchant à peu près la moyenne du niveau annuel ».  
     

Provenant pour une grande partie du désert en Mongolie intérieure, le sable ramène de la poussière jusqu'à la capitale dès qu'un vent fort souffle.Bon gré mal gré, le gouvernement chinois a créé un ministère de l'environnement. Mais « la SEPA reconnaît qu'elle ne dispose pas à l'heure actuelle des moyens pour ses ambitions. »

La Chine : exemple typique d¹un pays où la croissance économique prime par rapport à l'environnement?

Il y a finalement peu d'espoir que la situation environnementale change radicalement en quelques mois dans un pays de cette taille. Mais l'enjeu, pour la Chine, est qu'elle puisse mettre en place les dispositifs pour réduire la pollution pas seulement pour le bien être des athlètes, mais aussi après les JO, pour celui de ses habitants également.    

 Et vous, pensez-vous que la qualité de l'air puisse influencer la performance des athlètes aux JO?     

  Zhuoying Feng

03 avril 2008

Les sportifs ou comment boycotter les Jeux sans les boycotter

            Aux premiers jours de la répression au Tibet, les sportifs ont refusé toute idée d’un boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Mais, après une cérémonie d’allumage de la flamme olympique perturbée, elle a pris une nouvelle dimension. Les athlètes, notamment les Français, se sont illustrés par des prises de positions fortes.

            Romain Mesnil, le vice-champion du monde et d’Europe de saut à la perche, et Président du Syndicat des Athlètes Français, a ainsi proposé que les sportifs portent un ruban vert pour marquer leur « attachement aux droits de l’Homme ». Une initiative que le Comité International olympique (CIO) s’est empressé de classer comme violation de la charte olympique qui exclu toute manifestation politique dans une enceinte olympique. Une règle réaffirmée aux championnats d’Europe d’Eindhoven, avec l’exclusion d’un nageur serbe affichant son opposition à l’indépendance du Kosovo.

            Leslie Djhone, le coureur français, s’est dit lui prêt à « boycotter la cérémonie d’ouverture » par « solidarité ». D’autres athlètes vont même plus loin. Des sportifs allemands auraient fait part au quotidien allemand Bild, de leur intention de ne pas se rendre en Chine cet été. 

            D’anciens athlètes, souvent mêlés à de précédents boycotts, jugent toutefois cette action inutile. « Ce n’est pas parce que certains ne sont pas allés aux jeux olympiques de Moscou que les Russes se sont retirés d’Afghanistan », a assuré Sharron Davies, la nageuse britannique médaillée aux Jeux de Moscou en 1980 boycottés par les Etats-Unis. « C’est la même chose avec Pékin », a-t-elle ajoutée dans une interview sur Sky News.

            D’autres, comme le vice-champion du monde du 50km marche, Yohann Diniz et le nouveau roi du sprint, le nageur Alain Bernard ont évoqué l’hypothèse d’un boycott de la cérémonie d’ouverture par les chefs d’Etat et de gouvernement. Interrogé lundi soir par TF1, le nouveau recordman du 50m et du 100m a affirmé qu’un tel boycott serait « un signe fort des hommes politiques » mais que ça restait « une décision politique ». 

            Cette action, majoritairement souhaitée par les Français (sondage CSA pour RSF et IFOP pour l’Equipe), pourrait être soutenue par le Secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, qui a déclaré mardi qu’il n’était « pas contre » un boycott de la cérémonie d’ouverture. « Mais sincèrement, je crois que cela ne changera rien » a-t-il ajouté. Silencieux jusque là, Nicolas Sarkozy a déclaré « je ne ferme la porte à aucune éventualité », l’Elysée précisant dans la foulée qu’il évoquait la cérémonie d’ouverture et non l’ensemble des Jeux.

Kéthévane Gorjestani

30 mars 2008

Médias chinois/ Médias occidentaux : Où est la propagande ?

Les accusations fusent par web interposé. Pour les médias chinois, la couverture faite par les journalistes occidentaux des troubles au Tibet est partiale et conditionnée par une idéologie pro-tibétaine. Ces derniers répondent en objectant la soumission inconditionnelle de leurs confrères chinois au régime de Hu Jintao, alimentant une guerre médiatique qui laisse perplexe. Revue des batailles de la semaine.

« Comment la télé chinoise exploite les émeutes de Lhassa » : ce titre d’une reportage de TF1 ne mâche pas ses mots. Les journalistes y évoquent le traitement des émeutes au Tibet par leurs confrères chinois, en s’appuyant sur des reportages diffusés par la télévision chinoise le même jour ... en y ajoutant des corrections, façon cours magistral.

Cette leçon de journalisme est vécue comme un affront par les médias chinois, qui les accusent, à leur tour, de déformer la vérité.

Fautes professionnelles ou propagande anti-chinoise ?

Le dernier épisode de cette guerre médiatique s’est joué autour de cette image :

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A gauche, la photo publiée par CNN pour illustrer les émeutes au Tibet : des insurgés poursuivis par un char chinois...et c'est tout

Or, à droite de la ligne apparaissent des Tibétains en train de caillasser ce même char. Un détail omis par la chaîne américaine.

Or photo tronquée = déformation de la vérité. C’est la conclusion qu’ont tiré de cette erreur certains bloggeurs chinois, qui y voient la preuve que la propagande anti-chinoise sévit dans les médias occidentaux. Et pour accréditer leurs dires, ils rappellent que « CNN est connu pour travestir la réalité dans ses reportages », qu’« ils ont fait la même chose pour l’Irak ». ..

Cette fois-ci, la chaîne américaine est restée campée sur ses positions, et s’est défendu dans une lettre de mise au point  adressée au site internet de France 24 (lien en anglais), alléguant des raisons techniques : « L’image en question devait être réduite au format standard utilisé pour les articles sur CNN.com ».

L’honneur est sauf pour CNN. La situation est plus embarrassante pour RTL TV, une chaîne de télévision allemande, contrainte de présenter ses excuses suite à l’utilisation d’une photo erronée : 

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Selon le présentateur, l’image montre un policier chinois réprimant un manifestant au Tibet. Or il s’agit d’un policier népalais… La scène se passe en effet à Katmandou, au Népal.

Un épisode qui a fait la joie de la chaîne gouvernementale CCTV, qui propose sur son site un lien vers la « vidéo d’excuse », avant de préciser que « RTL TV n’est pas le seul média occidental à avoir été critiqué pour avoir donné de fausses informations concernant les récents troubles au Tibet », citant entre autres le quotidien allemand « Berlin morningpost » (une légende erronée en cause cette fois-ci).

Des  mises au point qui ont toutes les apparences de règlements de comptes, et laissent présager une collaboration tendue entre médias chinois et occidentaux durant les JO.

Ces accusations de « propagande anti-chinoise » vous étonnent-elles ? Pensez-vous que les médias occidentaux livrent une analyse nuancée et complète des événements au Tibet ?

                                                                                                                                Natalène Mounier

28 mars 2008

Pas de « prêt, feu, partez » !

Dimanche 16 mars 2008 : C’est le grand jour pour les 118 participants de l’aventure Paris-Pékin à vélo. Il bruine sur l’esplanade du Trocadéro, à Paris, mais les sportifs sont au rendez-vous. On reconnaît les cyclistes du Paris-Pékin à leur maillot rouge. Plus d’une centaine de passionnés sont venus avec leur propre vélo et vont suivre le début du périple, jusqu’à Provins.

285318c16555fd733f0cad3ee257161e.jpg A 9 heures, les participants se rassemblent pour une grande photo de famille. Et la famille, ça compte dans une telle aventure. Cinq mois sans voir ses proches, c’est long. Mais aucune inquiétude sur le visage de Karine. Ses parents, les Bourel, sont en tête du groupe 1, en tandem. Par téléphone, une semaine auparavant, ils semblaient déterminés et sereins. Le jour du départ, ils rayonnent : « c’est une aventure en couple », sourit malicieusement Mireille, les cheveux courts.
Filmés par des étudiantes en journalisme, les Bourel parlent volontiers de leur passion. La télévision chinoise veut aussi les interviewer : Mireille et Henri sourient et repartent de plus belle : « on a toujours fait du vélo, c’est notre oxygène ».

 

181aa8787b99430a526f3ae6b75f7f4e.jpg Quelques minutes avant le départ, Christian Lemay, un Canadien* de 52 ans, contemple son vélo. Sympathique, il explique les « options » de son deux-roues : chronomètre, « sonnette pour quand on arrive en Chine », sacoches… Il est très fier de participer au Paris-Pékin 2008 après « vingt ans de vélo », dit avec un accent canadien ce grand chauve venu de Montréal. 

A 9h30, les participants sont prêts à partir. On en oublierait même que ce n’est pas une course. Pas de coup de feu, pas de précipitation. « C’est dangereux, les chutes au départ sont très fréquentes, là ils sont en haut d’une pente et il pleut », commente un badaud. Devant le pont d’Iéna, la file de cyclistes dé marre au pas, derrière un camion, au son des sifflets et des applaudissements des spectateurs qui les encouragent « Pékin, c’est au fond à droite ! ».

 

Dans l’expédition, il y a vingt-et-un étrangers : 1 Américain, 1 Anglaise, 2 Allemands, 5 Belges, 4 Canadiens, 2 Chinois, 1 Danois, 2 Espagnols, 1 Luxembourgeois et 2 Suisses.

Marie Naudascher

15:52 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : chine, JO, pekin, velo

23 mars 2008

Départ de la flamme olympique: 5 mois de “grandeur chinoise” au programme

On l'a dit et redit, ces Jeux seront l'occasion pour la Chine de montrer un visage moderne et fraternel au reste du monde. Les autorités de Pékin veulent en profiter pour diffuser l'image d'une nation triomphante, capable d'exploits aussi bien sportifs que techniques. Le relais de la flamme olympique ne déroge pas à cette règle du gigantisme.

La flamme qui sera allumée le 24 mars 2008 à Olympie effectuera ainsi le plus long relais de l'histoire des Jeux (130 jours). Autre record battu, le nombre de relayeurs. La Chine a sélectionné près de 21 880 personnes, sportifs de renom ou non. D'après la belle rhétorique du parti communiste chinois, on pourra compter cette année sur “des travailleurs modèles, des scientifiques, des entrepreneurs excellents, des personnalités connues et des travailleurs” pour transporter le flambeau.

Ils se le transmettront – à pied, à cheval, à vélo, en courant... - sur un parcours de plus de 137 000 kilomètres. Même si le nombre de relayeurs allait régulièrement croissant, celui-ci stagnait généralement aux alentours de 12 000- 13 000 personnes lors des dernières éditions.

6b049050ac30f86887da0a3669e2c0ca.jpgEt si le relais de la flamme bat le record du plus long trajet aérien – à bord d'un avion spécialement équipé de lampes de sécurité protégeant la flamme – ce n'est rien à côté de l'ascension du Mont Qomolangma, plus connu sous le nom de Mont Everest ( 8 844,43 mètres). 76f93790adf779c9cb2e42ae218d5edc.gif

La torche a ainsi fait l'objet d'innovations toutes particulières afin que la flamme puisse survivre à la rudesse de l'Everest, mais surtout pour qu'elle reste flamboyante dans un air si pauvre en oxygène. Les organisateurs expliquent poétiquement que la  flamme olympique résistera aux vents puissants, fortes pluies,  grêles soudaines et à l'air raréfié pour brûler brillamment et  magnifiquement sur le plus haut sommet du monde, le Mont Qomolangma”.

Pour assurer la retransmission télévisée en direct de l'évènement, les autorités chinoises ont équipé la zone d'antennes relais. Mais on n'en oublie pas pour autant les bonnes vieilles habitudes, il y aura tout de même un léger différé en cas d'évènement “imprévu”. Pendant les répétitions, des défenseurs de la cause tibétaine avaient déployé une banderole Un seul monde, un seul rêve, Tibet libre 2008 “.

Autre précaution, un strict contrôle des voies d'accès à l'Everest. La route chinoise jusqu'au toit du monde sera fermée du 1er au 10 mai afin d'éviter toute manifestation malvenue lors de l'ascension de la flamme. La Chine est même parvenue à convaincre son voisin népalais de fermer lui aussi sa voie d'accès vers l'Everest ainsi que vers les sommets les plus proches.

Et avec les récents évènements au Tibet; les autorités chinoises auront fort à faire pour que rien ne vienne gâcher cette belle mécanique. Matt Whitticase, du mouvement Free Tibet Campaign promettait récemment des "manifestations majeures" contre "l'utilisation triomphaliste par la Chine de la flamme olympique". En Grèce, d'où partira la flamme, le gouvernement s'active pour que les opposants au régime communiste ne viennent pas troubler la cérémonie.

Le parcours de la torche prend donc une tournure éminemment politique. Bien loin du thème du relais - “un voyage en harmonie” - et de l'hymne de la flamme, le déjà fameux “Allume le feu sacré, propage notre rêve”.

 

Sylvain Mouillard

22 mars 2008

Ces sports qui veulent devenir olympiques

C’est la première fois que ces épreuves auront lieu aux Jeux Olympiques en août prochain à Pékin. Les heureux nominés par le Comité International Olympique (CIO) sont donc :

  • le spectaculaire BMX (en vidéo ici)

  • le 10km natation nage libre

  • le 3000 mètres steeple féminin.

 

 2012 : exit baseball et softball

Pourtant, le CIO veut limiter à 28 le nombre de disciplines sportives pour les olympiades d’été. Mais il souhaite aussi pouvoir renouveler le programme, afin de rester dans l’air du temps et de continuer à attirer les jeunes générations. Pour faire la place à de nouvelles épreuves, il faut donc supprimer celles qui ont moins de succès. Le baseball et le softball peuvent donc dire adieu à la prochaine édition des Jeux, en 2012 à Londres.

Des critères de sélection rigoureux

Et les nombreux postulants ont intérêt à peaufiner leurs dossiers. Les critères de sélection (disponibles ici en PDF) sont draconiens. Le sport candidat doit évidemment partager les valeurs de l’olympisme, et être « universel », c'est-à-dire suffisamment représenté sur le globe (pour se rendre compte des standards de 2005, voir le PDF ici). Pour les sports d’été masculins, la discipline doit être pratiquée dans 75 pays. Pour les sports d’été féminins, dans 40 pays. Par ailleurs, tout dépend des équipements disponibles. La candidature du ski nautique aux Jeux d’Athènes, en 2004, avait ainsi été repoussée car les travaux n’étaient pas assez avancés.

Ces candidatures sont aussi affaire de gros sous puisque le poids financier de certaines disciplines peut faire pencher la balance en leur faveur. Ainsi, le catch ferait pression auprès du CIO pour devenir discipline olympique. Très populaire aux Etats-Unis et dans certains pays d’Asie, le catch bénéficie du soutien de certains médias américains.

Pas de nouvelle discipline avant 2016

Cette éventuelle modification du programme olympique n’aura pourtant pas lieu avant 2016. En 2005, à Singapour, les postulants avaient tous vu leurs candidatures repoussées. Au début de la phase de sélection, certaines disciplines paraissaient farfelues, comme le bridge ou le billard. D’autres ont pu passer cette première phase. C’était le cas du karaté, du roller, du golf, du rugby à sept et du squash. Mais aucun ne put rassembler la majorité des 2/3 des votants du CIO nécessaire pour être sélectionné.

Et vous, quels sports aimeriez-vous voir devenir disciplines olympiques?

A suivre, un reportage à la Fédération française de squash, qui défend toujours l'entrée de son sport aux Jeux de 2016.

Le squash bientôt aux Jeux?

En 2005, le squash fut « discipline olympique pendant 15 minutes » a-t-on coutume de dire à la fédération française. Avant que le rêve ne s’écroule, faute d’avoir pu réunir une majorité des 2/3 des votants.

Pourtant, Gilles Rondeau, chargé de communication à la fédération française de squash, milite toujours pour l'entrée du squash dans le programme olympique. « Depuis une dizaine d'années, il y a de plus en plus de pays qui pratiquent le squash » explique-t-il.

Concrètement, le squash, ça ressemble à ça. Et si les Anglais sont à l’origine de ce sport, ce sont aujourd’hui les Egyptiens qui trustent les premières places mondiales.

Comparable au système du tennis, le circuit mondial de squash commence à attirer les sponsors, même si seuls les 20 premiers mondiaux peuvent réellement bien vivre de leur sport.

171e8d507d1a9fa8f039735a070701bb.jpg « Facile d'accès », le squash peut aussi être « un spectacle grandiose », comme en 2006, aux pieds des pyramides de Gizeh.

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Et puis, cette discipline serait un réservoir de médailles potentielles pour la France, selon Gilles Rondeau.

Mais finalement, qu’a-t-il manqué au squash pour devenir discipline olympique en 2005 ? Pour Yves Hocde, directeur technique national, il y a eu un « conflit d'intérêts au sein de la famille du squash ».


Echec du squash en 2005.
envoyé par josciencespo

Le calendrier pour tous les amateurs de squash est déjà fixé : d’ici avril, le CIO remettra une « short list » des disciplines candidates pour entrer au programme des Jeux de 2016. Le verdict final sera rendu en 2009.

Sylvain Mouillard

11:45 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : squash, lincou, gaultier, JO, pekin, CIO

 
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