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28 mars 2008

Les yeux de Laurence

Parmi les amoureux du deux roues réunis dimanche matin sur l’esplanade du Trocadéro, tous ont le goût du défi. Pour Laurence, une trentenaire non-voyante qui suivra le groupe pour sur environ 25 km, jusqu’à Vincennes, ce premier jour du trajet Paris-Pékin, c’est « au-delà de l’extraordinaire ».


814abb43229959cc462eaeffbc0f9da8.jpg Ce n’est pas sa canne blanche qui la rassure, mais Alain Richardot, son coéquipier. Ensemble, ils ont déjà effectué des parcours dans le Val d’Oise, leur région d’origine. Sur le tandem, c’est lui qui pilote. « Normal, sinon on irait dans les choux », plaisante Laurence. Pour elle, le vélo, c’est avant tout « le plaisir de se faire raconter des paysages » et de sortir de la ville : « quand on est à la campagne, ça sent les vaches, la bouse ».

Sac à dos avec réservoir d’eau, barres de céréales, Laurence a « entièrement confiance » en Alain qui l’écoute. « On pédale ensemble » assure-t-il. Selon eux, si l’un arrête de pédaler, ça se sent. Pour eux, ce n’est pas tant l’effort sportif qui compte mais le partage : « On n’arrête pas de discuter » confie Laurence.



Marie Naudascher

15:52 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sport, velo, handicap, paris, pekin

17 mars 2008

Quand le tir à la corde s'invitait aux Jeux...

2833cd584a0de7745c2f02166da17bcf.jpg1996, Atlanta: les Jeux rentrent véritablement dans l'ère du sport spectacle, de l'argent roi. Bien loin d'une époque où la plupart des participants étaient encore amateurs et participaient à certains concours inattendus. L'Histoire semble ainsi avoir oublié les Jeux Olympiques de Paris, en 1900, les deuxièmes de l'ère moderne.

Absents de la mémoire collective française - Pierre de Coubertin, le père des Jeux modernes, jugeait le programme olympique «mesquin et indigne de la nation» - ils sont pourtant loin d'avoir été un échec. Ce souvenir mitigé est dû à une édition légèrement fourre-tout, qui dura plus de cinq mois, du 14 mai au 28 octobre. La faute aussi à des épreuves insolites, voire cocasses, qui décrédibilisèrent l'édition aux yeux des puristes. Mais qui étaient aussi le symbole d'une époque et d'un contexte politique particuliers.

Pierre de Coubertin souhaitait que la deuxième édition des Jeux Olympiques ait lieu en France, à Paris. En effet, en 1900, la capitale accueille l'exposition universelle pendant six mois. L'occasion de donner un rayonnement mondial à ces Olympiades. La France veut faire de cette exposition universelle «un tableau des progrès de l’esprit humain pendant tout ce siècle», où l'on célèbre tout à la fois les valeurs républicaines et nationales ainsi que le culte de la science et de l'industrie. Bref, dans cette perspective, l’évocation des Jeux antiques a peu de chance d’être promue au rang d’événement majeur. Le programme olympique est en fait noyé dans la masse de l'exposition universelle, et se confond aussi avec les concours d'exercices physiques et de sport propres à chaque exposition. En fait, les responsables du CIO (Comité International Olympique) eurent même des difficultés à établir après-coup le programme précis des Jeux de 1900 et son palmarès. On raconte même que certains sportifs ne surent jamais qu'ils avaient été champions olympiques.

La France remporte...259 médailles!

Les épreuves non officielles sont un véritable succès populaire. Elles rassemblent près de 60.000 participants, amateurs et scolaires confondus. Elles reflètent le foisonnement sportif de l'époque et le croisement entre des traditions nationales différentes. La France fait cependant preuve d'une inventivité rare pour créer des compétitions à sa mesure et remporter ainsi la bagatelle de 259 médailles selon un décompte non officiel du CIO. Parmi les épreuves rencontrées, on croise ainsi la course en sac, la pêche à la ligne, la pétanque, le tir au canon, aux pigeons, ou encore les courses de ballons.

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Préparer la revanche

Cette édition remplit en fait un objectif éducatif et moral bien particulier aux yeux des dirigeants de la Troisième République: promouvoir le rôle de l'éducation physique auprès des jeunes notamment, mais aussi «rendre hommage aux braves gens» qui s'investissent dans les clubs et sociétés sportives. Cette démocratisation du sport à l'occasion des Jeux est un élément de ciment social pour une société toujours touchée par le choc de la défaite de 1870 contre la Prusse. Ainsi, certains concours sont une manière d'exprimer la vigueur du corps républicain: les épreuves de gymnastique, de tir, de sauvetage permettent de renforcer le corps national et de préparer la revanche.

De la pelote basque au croquet...
 

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Au point de vue sportif, l'édition officielle est un véritable succès. Le nombre d'athlètes est en nette augmentation par rapport aux Jeux de 1896, et les performances sportives de bonne qualité. Ces Jeux proposent au total 95 épreuves dont 13 ouvertes aux femmes. Pour la première fois donc, 22 femmes peuvent tenter de devenir championnes olympiques, en golf ou en tennis principalement. Au tableau des médailles, la France s'en sort également très bien. Réparties sur 25 sites, les épreuves sont pour certaines plutôt inattendues... La lutte à la corde est ainsi une discipline officielle, de même que la pelote basque ou encore le croquet. Le déroulement des compétitions est parfois folklorique. Un match de lutte à la corde entre les Etats-Unis et une équipe suédo-danoise doit être interrompu car les spectateurs viennent en aide à l'équipe américaine, en mauvaise posture.

 


Agrandir le plan

 

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Témoignage d'une époque où les amateurs et scolaires cotoyaient les sportifs tout juste professionnels, où certains sports n'existaient pas encore alors que d'autres vivaient leurs dernières heures olympiques, les Jeux de 1900 sont aussi une des deux seules éditions françaises, avant celle de 1924, toujours à Paris.

Sylvain Mouillard

 

Crédit photos ici.

16 mars 2008

Paris-Pékin en tandem

Un sac, deux sacoches, deux maillots, des cuissardes et un vélo: tel est l’équipement de chacun des 104 participants de Paris-Pékin 2008. Le périple de ces cyclistes, qui doit durer cinq mois, commence samedi 15 mars. Prix de l’aventure: 10.000 € par personne. Parmi eux, deux couples pédaleront en tandem. Entretien avec Mireille Bourel, qui part avec son mari, Henri, en tandem.

Préparation ? Quelques 120 km par semaine…

Quelques jours avant le départ, ils sont sereins. Ils ont toujours fait du vélo, et à haute dose. « On fait nos courses à Bayonne ou à Capbreton à vélo », explique Mireille, 49 ans, habitante d’Ondres, dans les Landes, à 9 km de Bayonne. Mais cette année, « pas de coupure hivernale » pour ce couple de retraités. D’habitude, l’hiver est consacré à des marches en montagne en raquettes. Depuis un an, Henri et Mireille parcourent chaque semaine 120 km sur leur tandem. Sachant que 120 km, c’est à peu près six heures hebdomadaires à 20 km/h, leur préparation est optimale.

 

Les rois du tandem

 
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Les deux couples de tandems : Mireille Bourel, Henri Bourel, Gérard Muller (non voyant), Michel Cabart.

Le tandem, « ça équilibre les forces », déclare Mireille. Le couple a fait « monter » son tandem spécialement pour ce voyage, il est « gris et confortable », de la marque Cannondale, « c’est américain », précise Mireille, contrairement aux autres participants dont le vélo est construit par la société française Cyfac.   

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Le vélo de Paris-Pékin à vélo 2008 est identique pour tous les participants. Sauf pour les 2 tandems. Le cadre est adapté aux mensurations de chaque participant.  Pourquoi le tandem ? Pas pour faire pédaler son mari, « plus fort » qu’elle précise Mireille, mais « parce que c’est un objet de curiosité, dans les pays que l’on va traverser, je suis sure que certains n’en ont jamais vu ! ».

Un défi olympique?

Les Bourel ont déjà traversé en tandem les Etats-Unis en 1999, mais aussi les rocheuses canadiennes et la Thaïlande. Le défi de ces cinq mois vers Pékin : traverser des pays inconnus et vivre en groupe. Les 10 000 € viennent de leur compte épargne retraite qui arrivait à terme, juste à temps pour se lancer dans l’aventure. Mais on « relativise », c’est une « belle aventure de cinq mois, ça fait donc 2000 € par mois ». Samedi 15, les Bourel ont rendez-vous place du Trocadéro, à Paris, pour remettre leur vélo et leurs bagages avant 14 heures. Un sac chacun, mais un vélo pour deux !

Marie Naudascher

10:16 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, JO, Pekin, Paris, velo

 
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