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11 avril 2008

Boycott et hommes en bleu...

Clinton, Obama et McCain pour le boycott

Pour une fois, ils sont d’accord sur quelque chose. Tous les candidats à la présidentielle américaine se sont prononcés, à des degrés divers, en faveur du boycott de la cérémonie d’ouverture des Jeux. C’est Hillary Clinton qui avait lancé le bal mardi en demandant ouvertement au président Bush de la boycotter Elle a justifié son appel par les violences au Tibet et «le génocide au Darfour». Barack Obama lui a emboîté le pas le lendemain. John Mc Cain s’est contenté jeudi du service minimum en expliquant qu’il "aurait été prêt à boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin s'il avait été président".
 

Les Français pour le boycott de la cérémonie d'ouverture, mais pas des Jeux

67% des Français s’opposent à la présence de la délégation officielle française à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin si la situation se dégrade au Tibet, révèle un sondage Opinionway-Le Figaro-LCI publié vendredi 11 avril. En revanche, 64% des Français sont contre le boycott des JO.
 

Le Japon et l’Australie boycottent les hommes en bleu

Il n'y aura pas de forces de sécurité chinoises pour assurer la sécurité de la torche pendant qu'elle sera en Australie", a déclaré le Premier ministre australien, Kevin Rudd,. Sans doute une manière de se prémunir du fiasco sécuritaire observé à Londres et à Paris au passage de la flamme. Les « hommes en bleu », officiellement membres de la police armée populaire (PAP) chinoise, ont également été déclarés indésirables au Japon par le chef de la police nippone.

Une prix Nobel de la Paix refuse de porter la flamme

Wangari Maathai ne participera pas au relais de la flamme olympique. La prix Nobel de la paix 2004 devait la porter dimanche à Dar-es Salaam, en Tanzanie. Elle veut faire pression sur la Chine pour qu ‘elle respecte les Droits de l’homme. Elle espère que la Chine et le monde entier entendront la voix des Tibétains.

La Chine fait face à des menaces terroristes 

La Chine «fait face à une menace terroriste réelle», ont annoncé les autorités chinoises jeudi. La police affirme avoir démantelé un groupe terroriste dans la région musulmane du Xinjiang. Ce réseau de 45 personnes envisageait de kidnapper des athlètes et des touristes pendant les JO. Il préparait aussi des attaques suicide dans plusieurs villes chinoises. Les spécialistes, comme Jean-Luc Domenach, de la communauté internationale minimisent ces risques d’attentats, soulignant que la Pékin en profiterait pour renforcer la sécurité et les contrôles dans le pays.

03 avril 2008

Les sportifs ou comment boycotter les Jeux sans les boycotter

            Aux premiers jours de la répression au Tibet, les sportifs ont refusé toute idée d’un boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Mais, après une cérémonie d’allumage de la flamme olympique perturbée, elle a pris une nouvelle dimension. Les athlètes, notamment les Français, se sont illustrés par des prises de positions fortes.

            Romain Mesnil, le vice-champion du monde et d’Europe de saut à la perche, et Président du Syndicat des Athlètes Français, a ainsi proposé que les sportifs portent un ruban vert pour marquer leur « attachement aux droits de l’Homme ». Une initiative que le Comité International olympique (CIO) s’est empressé de classer comme violation de la charte olympique qui exclu toute manifestation politique dans une enceinte olympique. Une règle réaffirmée aux championnats d’Europe d’Eindhoven, avec l’exclusion d’un nageur serbe affichant son opposition à l’indépendance du Kosovo.

            Leslie Djhone, le coureur français, s’est dit lui prêt à « boycotter la cérémonie d’ouverture » par « solidarité ». D’autres athlètes vont même plus loin. Des sportifs allemands auraient fait part au quotidien allemand Bild, de leur intention de ne pas se rendre en Chine cet été. 

            D’anciens athlètes, souvent mêlés à de précédents boycotts, jugent toutefois cette action inutile. « Ce n’est pas parce que certains ne sont pas allés aux jeux olympiques de Moscou que les Russes se sont retirés d’Afghanistan », a assuré Sharron Davies, la nageuse britannique médaillée aux Jeux de Moscou en 1980 boycottés par les Etats-Unis. « C’est la même chose avec Pékin », a-t-elle ajoutée dans une interview sur Sky News.

            D’autres, comme le vice-champion du monde du 50km marche, Yohann Diniz et le nouveau roi du sprint, le nageur Alain Bernard ont évoqué l’hypothèse d’un boycott de la cérémonie d’ouverture par les chefs d’Etat et de gouvernement. Interrogé lundi soir par TF1, le nouveau recordman du 50m et du 100m a affirmé qu’un tel boycott serait « un signe fort des hommes politiques » mais que ça restait « une décision politique ». 

            Cette action, majoritairement souhaitée par les Français (sondage CSA pour RSF et IFOP pour l’Equipe), pourrait être soutenue par le Secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, qui a déclaré mardi qu’il n’était « pas contre » un boycott de la cérémonie d’ouverture. « Mais sincèrement, je crois que cela ne changera rien » a-t-il ajouté. Silencieux jusque là, Nicolas Sarkozy a déclaré « je ne ferme la porte à aucune éventualité », l’Elysée précisant dans la foulée qu’il évoquait la cérémonie d’ouverture et non l’ensemble des Jeux.

Kéthévane Gorjestani

Boycott or not boycott

Cela fait plus de dix jours que toute la planète s'agite autour de la question tibétaine. Unanimes pour dénoncer les violences chinoises à l'encontre des Tibétains, les dirigeants occidentaux sont restés très prudents quant à d'éventuelles sanctions contre Pékin, moins de 5 mois avant le début des Jeux. Le boycott des JO s'est pourtant peu à peu imposé comme la menace suprême à brandir aux dirigeants chinois. Une possibilité qui suscite des réactions diverses dans le monde et sur la Toile. 

 

C'est l'ONG Reporters sans Frontières qui avait mis sur la table la possibilité du boycott, en appelant « les chefs d’Etat, les chefs de gouvernement et les membres de familles royales à boycotter la cérémonie d’ouverture de Pékin 2008, le 8 août prochain ». Il n'était par contre pas question d'un boycott total des Jeux, l'objectif n'étant pas pour l'association « de priver les athlètes de la plus grande compétition sportive mondiale ni le public d’un tel spectacle ». 

Un boycott de la cérémonie d'ouverture à défaut des Jeux eux-mêmes? 

Mais finalement, bien peu de politiques sont prêts à emboîter le pas aux BHL, Steven Spielberg ou encore Rochard Gere, qui ont eux appelé à boycotter purement et simplement les Jeux. En France, des dirigeants socialistes comme Ségolène Royal ou encore Jack Lang se sont déclarés en faveur d'une « menace de boycott », tandis que Nicolas Sarkozy laissait planer le doute mardi sur l'éventualité d'un boycott de la cérémonie d'ouverture. 

 

Une position partagée par de nombreux sportifs français, qui n'envisagent pas un seul instant de renoncer à une compétition pour laquelle ils se sont tant préparés.

Pour L'Oursin, un internaute qui a laissé un commentaire à la suite de l'article du Point, « participer à la cérémonie d'ouverture des JO apportera une caution au gouvernement communiste, qui ne manquera pas de l'instrumentaliser pour légitimer aux yeux de son peuple la justesse de sa politique de répression en prouvant l'indifférence des démocraties ». Une raison de plus, donc, pour ne pas y assister. 

Inefficace, le boycott? 

Outre-Rhin, Christof Siemes rappelle dans Die Zeit que le boycott n'a pas toujours été efficace dans l'histoire des Jeux. Qu'il s'agisse du boycott des Jeux de Moscou par les occidentaux en 1980, ou de ceux de Los Angeles par les Soviétiques quatre ans plus tard, cela avait eu plutôt pour effet de renforcer les pulsions nationalistes. Le journaliste allemand ironise aussi sur l'actuel emballement appelant au boycott, alors que les dirigeants du CIO savaient très bien il y a sept ans, au moment d'attribuer les Jeux à Pékin, que la Chine bafouait les droits de l'homme. Pourtant, les sportifs allemands semblent faire partie des plus réticents à l'idée d'aller à Pékin, certains d'entre eux envisageant même de renoncer aux Jeux.

Une éventualité que Elbe, sur son blog, n'envisage même pas. Critiquant « le réveil tardif des appelants au boycott », il souligne en outre que son « impact médiatique à l’intérieur même de la Chine risque d’être plus mesuré voire inexistant ». Face à la maîtrise par les autorités chinoises des journaux, de la télévision et d'internet, il craint qu'un boycott ne devienne une simple « manifestation entre bonnes consciences occidentales pendant que le gouvernement chinois récolte le prestige et la fierté populaire des jeux olympiques ». Patrick Lagacé, sur son blog, rajoute que « demander aux athlètes de porter, seuls, le poids de nos convictions, c’est un peu hypocrite».

Silence, on vend! 

C'est finalement ce que souligne aussi le journaliste Jean-Michel Apathie, qui explique que chaque citoyen va être placé face à sa «mauvaise conscience ». « Les "jeux", dit-il, qui sont le symbole de la fraternité humaine, vont se dérouler dans une dictature. Et nous applaudirons, depuis nos fauteuis de nos salons devant nos téléviseurs, les exploits des "joueurs" des "jeux" en sachant très bien que croupissent dans les prisons chinoises des femmes et des hommes dont la seule faute, le seul tort, aura été de réclamer davantage de libertés civiles». Car pour le journaliste, ce sont les «engagements financiers» qui justifient le peu de réactions contre les entorses aux droits de l'homme commises par Pékin.

Slate, un site d'informations américain, soulignait récemment le poids des enjeux commerciaux et économiques de cette olympiade, et citait un des sponsors principaux des Jeux, Samsung Electronics. L'entreprise expliquait donc que « les Jeux Olympiques ne sont pas le lieu pour des manifestations ». 

Sylvain Mouillard
 
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