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11 avril 2008

Boycott et hommes en bleu...

Clinton, Obama et McCain pour le boycott

Pour une fois, ils sont d’accord sur quelque chose. Tous les candidats à la présidentielle américaine se sont prononcés, à des degrés divers, en faveur du boycott de la cérémonie d’ouverture des Jeux. C’est Hillary Clinton qui avait lancé le bal mardi en demandant ouvertement au président Bush de la boycotter Elle a justifié son appel par les violences au Tibet et «le génocide au Darfour». Barack Obama lui a emboîté le pas le lendemain. John Mc Cain s’est contenté jeudi du service minimum en expliquant qu’il "aurait été prêt à boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin s'il avait été président".
 

Les Français pour le boycott de la cérémonie d'ouverture, mais pas des Jeux

67% des Français s’opposent à la présence de la délégation officielle française à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin si la situation se dégrade au Tibet, révèle un sondage Opinionway-Le Figaro-LCI publié vendredi 11 avril. En revanche, 64% des Français sont contre le boycott des JO.
 

Le Japon et l’Australie boycottent les hommes en bleu

Il n'y aura pas de forces de sécurité chinoises pour assurer la sécurité de la torche pendant qu'elle sera en Australie", a déclaré le Premier ministre australien, Kevin Rudd,. Sans doute une manière de se prémunir du fiasco sécuritaire observé à Londres et à Paris au passage de la flamme. Les « hommes en bleu », officiellement membres de la police armée populaire (PAP) chinoise, ont également été déclarés indésirables au Japon par le chef de la police nippone.

Une prix Nobel de la Paix refuse de porter la flamme

Wangari Maathai ne participera pas au relais de la flamme olympique. La prix Nobel de la paix 2004 devait la porter dimanche à Dar-es Salaam, en Tanzanie. Elle veut faire pression sur la Chine pour qu ‘elle respecte les Droits de l’homme. Elle espère que la Chine et le monde entier entendront la voix des Tibétains.

La Chine fait face à des menaces terroristes 

La Chine «fait face à une menace terroriste réelle», ont annoncé les autorités chinoises jeudi. La police affirme avoir démantelé un groupe terroriste dans la région musulmane du Xinjiang. Ce réseau de 45 personnes envisageait de kidnapper des athlètes et des touristes pendant les JO. Il préparait aussi des attaques suicide dans plusieurs villes chinoises. Les spécialistes, comme Jean-Luc Domenach, de la communauté internationale minimisent ces risques d’attentats, soulignant que la Pékin en profiterait pour renforcer la sécurité et les contrôles dans le pays.

10 avril 2008

La pollution inquiète toujours à Pékin

Pékin est l'une des capitales les plus polluées du monde. La Chine avait pourtant promis un nouveau Pékin quand elle avait été choisie pour organiser les Jeux il y a quelques années. Mais moins de cinq mois avant la cérémonie d'ouverture, le gouvernement chinois n'arrive toujours pas à contrôler la pollution atmosphérique, due surtout aux activités industrielles.

 « Selon le SEPA (State Environmental Protection Administration of China), l'index de pollution de l'air mardi dernier à Pékin était de 5 sur une échelle qui en compte... 5 » . Un niveau si dangereux que les enfants du Lycée Français de Pékin a été obligé de rester à l¹intérieur de leurs salles de cours. Pour les Pékinois, habitués à sentir les particules de pollution dans l¹air, la lutte contre la pollution n'est pas un sujet d'inquiétude majeur. Pourtant, plusieurs mesures ont été mises en place pour atténuer la pollution à l¹approche des JO : réduire le tarif des transports en commun pour encourager les déplacements en métro et en bus, restreindre de moitié le flux de voitures en mettant en place un système de circulation alternée : un jour les voitures paires, un autre les voitures impaires, interdire le travail sur les chantiers pendant les Jeux. Malgré ces mesures, certains athlètes refusent de participer aux compétitions pour se protéger. Ainsi, « Haile Gebreselassie, détenteur du record du monde de marathon, a déclaré que "la pollution en Chine représente une menace pour ma santé et il serait difficile pour moi de courir 42 kilomètres dans les conditions actuelles" », annonce le JDD.  


 
Les mesures du gouvernement chinois ne suffisent-elles pas à améliorer la qualité de l'air?   


Premier problème : ces mesures sont très mal appliquées dans les usines aux alentours de Pékin qui, pour la plupart d¹entre elles, fonctionnent encore au charbon, la ressource énergétique la plus abondante et la moins coûteuse dans ce pays en voie de développement, comme l'explique cet ingénieur chinois. «70 % de la production est à base de charbon, on ne contrôle pas le CO2 qui sort des cheminées», dit-il.Par ailleurs, la nature étant déjà détériorée, la protection de l'environnement ne se fait pas en quelques mois ou même en quelques années. Changer les mauvaises habitudes est un travail de longue haleine, et les contrôles peinent à se mettre en place. Autre source d¹inquiétude : les tempêtes de sable, qui ont encore touché la capitale chinoise cette année avec « 10 jours de temps de tempêtes de sables ce printemps, un chiffre approchant à peu près la moyenne du niveau annuel ».  
     

Provenant pour une grande partie du désert en Mongolie intérieure, le sable ramène de la poussière jusqu'à la capitale dès qu'un vent fort souffle.Bon gré mal gré, le gouvernement chinois a créé un ministère de l'environnement. Mais « la SEPA reconnaît qu'elle ne dispose pas à l'heure actuelle des moyens pour ses ambitions. »

La Chine : exemple typique d¹un pays où la croissance économique prime par rapport à l'environnement?

Il y a finalement peu d'espoir que la situation environnementale change radicalement en quelques mois dans un pays de cette taille. Mais l'enjeu, pour la Chine, est qu'elle puisse mettre en place les dispositifs pour réduire la pollution pas seulement pour le bien être des athlètes, mais aussi après les JO, pour celui de ses habitants également.    

 Et vous, pensez-vous que la qualité de l'air puisse influencer la performance des athlètes aux JO?     

  Zhuoying Feng

03 avril 2008

Boycott or not boycott

Cela fait plus de dix jours que toute la planète s'agite autour de la question tibétaine. Unanimes pour dénoncer les violences chinoises à l'encontre des Tibétains, les dirigeants occidentaux sont restés très prudents quant à d'éventuelles sanctions contre Pékin, moins de 5 mois avant le début des Jeux. Le boycott des JO s'est pourtant peu à peu imposé comme la menace suprême à brandir aux dirigeants chinois. Une possibilité qui suscite des réactions diverses dans le monde et sur la Toile. 

 

C'est l'ONG Reporters sans Frontières qui avait mis sur la table la possibilité du boycott, en appelant « les chefs d’Etat, les chefs de gouvernement et les membres de familles royales à boycotter la cérémonie d’ouverture de Pékin 2008, le 8 août prochain ». Il n'était par contre pas question d'un boycott total des Jeux, l'objectif n'étant pas pour l'association « de priver les athlètes de la plus grande compétition sportive mondiale ni le public d’un tel spectacle ». 

Un boycott de la cérémonie d'ouverture à défaut des Jeux eux-mêmes? 

Mais finalement, bien peu de politiques sont prêts à emboîter le pas aux BHL, Steven Spielberg ou encore Rochard Gere, qui ont eux appelé à boycotter purement et simplement les Jeux. En France, des dirigeants socialistes comme Ségolène Royal ou encore Jack Lang se sont déclarés en faveur d'une « menace de boycott », tandis que Nicolas Sarkozy laissait planer le doute mardi sur l'éventualité d'un boycott de la cérémonie d'ouverture. 

 

Une position partagée par de nombreux sportifs français, qui n'envisagent pas un seul instant de renoncer à une compétition pour laquelle ils se sont tant préparés.

Pour L'Oursin, un internaute qui a laissé un commentaire à la suite de l'article du Point, « participer à la cérémonie d'ouverture des JO apportera une caution au gouvernement communiste, qui ne manquera pas de l'instrumentaliser pour légitimer aux yeux de son peuple la justesse de sa politique de répression en prouvant l'indifférence des démocraties ». Une raison de plus, donc, pour ne pas y assister. 

Inefficace, le boycott? 

Outre-Rhin, Christof Siemes rappelle dans Die Zeit que le boycott n'a pas toujours été efficace dans l'histoire des Jeux. Qu'il s'agisse du boycott des Jeux de Moscou par les occidentaux en 1980, ou de ceux de Los Angeles par les Soviétiques quatre ans plus tard, cela avait eu plutôt pour effet de renforcer les pulsions nationalistes. Le journaliste allemand ironise aussi sur l'actuel emballement appelant au boycott, alors que les dirigeants du CIO savaient très bien il y a sept ans, au moment d'attribuer les Jeux à Pékin, que la Chine bafouait les droits de l'homme. Pourtant, les sportifs allemands semblent faire partie des plus réticents à l'idée d'aller à Pékin, certains d'entre eux envisageant même de renoncer aux Jeux.

Une éventualité que Elbe, sur son blog, n'envisage même pas. Critiquant « le réveil tardif des appelants au boycott », il souligne en outre que son « impact médiatique à l’intérieur même de la Chine risque d’être plus mesuré voire inexistant ». Face à la maîtrise par les autorités chinoises des journaux, de la télévision et d'internet, il craint qu'un boycott ne devienne une simple « manifestation entre bonnes consciences occidentales pendant que le gouvernement chinois récolte le prestige et la fierté populaire des jeux olympiques ». Patrick Lagacé, sur son blog, rajoute que « demander aux athlètes de porter, seuls, le poids de nos convictions, c’est un peu hypocrite».

Silence, on vend! 

C'est finalement ce que souligne aussi le journaliste Jean-Michel Apathie, qui explique que chaque citoyen va être placé face à sa «mauvaise conscience ». « Les "jeux", dit-il, qui sont le symbole de la fraternité humaine, vont se dérouler dans une dictature. Et nous applaudirons, depuis nos fauteuis de nos salons devant nos téléviseurs, les exploits des "joueurs" des "jeux" en sachant très bien que croupissent dans les prisons chinoises des femmes et des hommes dont la seule faute, le seul tort, aura été de réclamer davantage de libertés civiles». Car pour le journaliste, ce sont les «engagements financiers» qui justifient le peu de réactions contre les entorses aux droits de l'homme commises par Pékin.

Slate, un site d'informations américain, soulignait récemment le poids des enjeux commerciaux et économiques de cette olympiade, et citait un des sponsors principaux des Jeux, Samsung Electronics. L'entreprise expliquait donc que « les Jeux Olympiques ne sont pas le lieu pour des manifestations ». 

Sylvain Mouillard

30 mars 2008

Médias chinois/ Médias occidentaux : Où est la propagande ?

Les accusations fusent par web interposé. Pour les médias chinois, la couverture faite par les journalistes occidentaux des troubles au Tibet est partiale et conditionnée par une idéologie pro-tibétaine. Ces derniers répondent en objectant la soumission inconditionnelle de leurs confrères chinois au régime de Hu Jintao, alimentant une guerre médiatique qui laisse perplexe. Revue des batailles de la semaine.

« Comment la télé chinoise exploite les émeutes de Lhassa » : ce titre d’une reportage de TF1 ne mâche pas ses mots. Les journalistes y évoquent le traitement des émeutes au Tibet par leurs confrères chinois, en s’appuyant sur des reportages diffusés par la télévision chinoise le même jour ... en y ajoutant des corrections, façon cours magistral.

Cette leçon de journalisme est vécue comme un affront par les médias chinois, qui les accusent, à leur tour, de déformer la vérité.

Fautes professionnelles ou propagande anti-chinoise ?

Le dernier épisode de cette guerre médiatique s’est joué autour de cette image :

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A gauche, la photo publiée par CNN pour illustrer les émeutes au Tibet : des insurgés poursuivis par un char chinois...et c'est tout

Or, à droite de la ligne apparaissent des Tibétains en train de caillasser ce même char. Un détail omis par la chaîne américaine.

Or photo tronquée = déformation de la vérité. C’est la conclusion qu’ont tiré de cette erreur certains bloggeurs chinois, qui y voient la preuve que la propagande anti-chinoise sévit dans les médias occidentaux. Et pour accréditer leurs dires, ils rappellent que « CNN est connu pour travestir la réalité dans ses reportages », qu’« ils ont fait la même chose pour l’Irak ». ..

Cette fois-ci, la chaîne américaine est restée campée sur ses positions, et s’est défendu dans une lettre de mise au point  adressée au site internet de France 24 (lien en anglais), alléguant des raisons techniques : « L’image en question devait être réduite au format standard utilisé pour les articles sur CNN.com ».

L’honneur est sauf pour CNN. La situation est plus embarrassante pour RTL TV, une chaîne de télévision allemande, contrainte de présenter ses excuses suite à l’utilisation d’une photo erronée : 

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Selon le présentateur, l’image montre un policier chinois réprimant un manifestant au Tibet. Or il s’agit d’un policier népalais… La scène se passe en effet à Katmandou, au Népal.

Un épisode qui a fait la joie de la chaîne gouvernementale CCTV, qui propose sur son site un lien vers la « vidéo d’excuse », avant de préciser que « RTL TV n’est pas le seul média occidental à avoir été critiqué pour avoir donné de fausses informations concernant les récents troubles au Tibet », citant entre autres le quotidien allemand « Berlin morningpost » (une légende erronée en cause cette fois-ci).

Des  mises au point qui ont toutes les apparences de règlements de comptes, et laissent présager une collaboration tendue entre médias chinois et occidentaux durant les JO.

Ces accusations de « propagande anti-chinoise » vous étonnent-elles ? Pensez-vous que les médias occidentaux livrent une analyse nuancée et complète des événements au Tibet ?

                                                                                                                                Natalène Mounier

28 mars 2008

Pas de « prêt, feu, partez » !

Dimanche 16 mars 2008 : C’est le grand jour pour les 118 participants de l’aventure Paris-Pékin à vélo. Il bruine sur l’esplanade du Trocadéro, à Paris, mais les sportifs sont au rendez-vous. On reconnaît les cyclistes du Paris-Pékin à leur maillot rouge. Plus d’une centaine de passionnés sont venus avec leur propre vélo et vont suivre le début du périple, jusqu’à Provins.

285318c16555fd733f0cad3ee257161e.jpg A 9 heures, les participants se rassemblent pour une grande photo de famille. Et la famille, ça compte dans une telle aventure. Cinq mois sans voir ses proches, c’est long. Mais aucune inquiétude sur le visage de Karine. Ses parents, les Bourel, sont en tête du groupe 1, en tandem. Par téléphone, une semaine auparavant, ils semblaient déterminés et sereins. Le jour du départ, ils rayonnent : « c’est une aventure en couple », sourit malicieusement Mireille, les cheveux courts.
Filmés par des étudiantes en journalisme, les Bourel parlent volontiers de leur passion. La télévision chinoise veut aussi les interviewer : Mireille et Henri sourient et repartent de plus belle : « on a toujours fait du vélo, c’est notre oxygène ».

 

181aa8787b99430a526f3ae6b75f7f4e.jpg Quelques minutes avant le départ, Christian Lemay, un Canadien* de 52 ans, contemple son vélo. Sympathique, il explique les « options » de son deux-roues : chronomètre, « sonnette pour quand on arrive en Chine », sacoches… Il est très fier de participer au Paris-Pékin 2008 après « vingt ans de vélo », dit avec un accent canadien ce grand chauve venu de Montréal. 

A 9h30, les participants sont prêts à partir. On en oublierait même que ce n’est pas une course. Pas de coup de feu, pas de précipitation. « C’est dangereux, les chutes au départ sont très fréquentes, là ils sont en haut d’une pente et il pleut », commente un badaud. Devant le pont d’Iéna, la file de cyclistes dé marre au pas, derrière un camion, au son des sifflets et des applaudissements des spectateurs qui les encouragent « Pékin, c’est au fond à droite ! ».

 

Dans l’expédition, il y a vingt-et-un étrangers : 1 Américain, 1 Anglaise, 2 Allemands, 5 Belges, 4 Canadiens, 2 Chinois, 1 Danois, 2 Espagnols, 1 Luxembourgeois et 2 Suisses.

Marie Naudascher

15:52 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : chine, JO, pekin, velo

23 mars 2008

Départ de la flamme olympique: 5 mois de “grandeur chinoise” au programme

On l'a dit et redit, ces Jeux seront l'occasion pour la Chine de montrer un visage moderne et fraternel au reste du monde. Les autorités de Pékin veulent en profiter pour diffuser l'image d'une nation triomphante, capable d'exploits aussi bien sportifs que techniques. Le relais de la flamme olympique ne déroge pas à cette règle du gigantisme.

La flamme qui sera allumée le 24 mars 2008 à Olympie effectuera ainsi le plus long relais de l'histoire des Jeux (130 jours). Autre record battu, le nombre de relayeurs. La Chine a sélectionné près de 21 880 personnes, sportifs de renom ou non. D'après la belle rhétorique du parti communiste chinois, on pourra compter cette année sur “des travailleurs modèles, des scientifiques, des entrepreneurs excellents, des personnalités connues et des travailleurs” pour transporter le flambeau.

Ils se le transmettront – à pied, à cheval, à vélo, en courant... - sur un parcours de plus de 137 000 kilomètres. Même si le nombre de relayeurs allait régulièrement croissant, celui-ci stagnait généralement aux alentours de 12 000- 13 000 personnes lors des dernières éditions.

6b049050ac30f86887da0a3669e2c0ca.jpgEt si le relais de la flamme bat le record du plus long trajet aérien – à bord d'un avion spécialement équipé de lampes de sécurité protégeant la flamme – ce n'est rien à côté de l'ascension du Mont Qomolangma, plus connu sous le nom de Mont Everest ( 8 844,43 mètres). 76f93790adf779c9cb2e42ae218d5edc.gif

La torche a ainsi fait l'objet d'innovations toutes particulières afin que la flamme puisse survivre à la rudesse de l'Everest, mais surtout pour qu'elle reste flamboyante dans un air si pauvre en oxygène. Les organisateurs expliquent poétiquement que la  flamme olympique résistera aux vents puissants, fortes pluies,  grêles soudaines et à l'air raréfié pour brûler brillamment et  magnifiquement sur le plus haut sommet du monde, le Mont Qomolangma”.

Pour assurer la retransmission télévisée en direct de l'évènement, les autorités chinoises ont équipé la zone d'antennes relais. Mais on n'en oublie pas pour autant les bonnes vieilles habitudes, il y aura tout de même un léger différé en cas d'évènement “imprévu”. Pendant les répétitions, des défenseurs de la cause tibétaine avaient déployé une banderole Un seul monde, un seul rêve, Tibet libre 2008 “.

Autre précaution, un strict contrôle des voies d'accès à l'Everest. La route chinoise jusqu'au toit du monde sera fermée du 1er au 10 mai afin d'éviter toute manifestation malvenue lors de l'ascension de la flamme. La Chine est même parvenue à convaincre son voisin népalais de fermer lui aussi sa voie d'accès vers l'Everest ainsi que vers les sommets les plus proches.

Et avec les récents évènements au Tibet; les autorités chinoises auront fort à faire pour que rien ne vienne gâcher cette belle mécanique. Matt Whitticase, du mouvement Free Tibet Campaign promettait récemment des "manifestations majeures" contre "l'utilisation triomphaliste par la Chine de la flamme olympique". En Grèce, d'où partira la flamme, le gouvernement s'active pour que les opposants au régime communiste ne viennent pas troubler la cérémonie.

Le parcours de la torche prend donc une tournure éminemment politique. Bien loin du thème du relais - “un voyage en harmonie” - et de l'hymne de la flamme, le déjà fameux “Allume le feu sacré, propage notre rêve”.

 

Sylvain Mouillard

17 mars 2008

La machine à champions peut-elle se détraquer?

Pour les hôtes des JO, l’objectif est simple, impératif, obsédant: Détrôner les Etats-Unis sur la plus haute marche du podium olympique. Pour y parvenir, les méthodes d’entraînement les plus radicales sont employées… A bon escient?


La polémique avait été lancée en 2005 par Matthew Pinsent, quadruple champion olympique d’aviron et ex-membre du CIO. « Je pense que ces gamins sont maltraités », avait déclaré le champion britannique après avoir visité une « usine à champions », comme on appelle parfois les écoles de formation des futurs athlètes chinois. Sur les ondes de la BBC, il évoquait son malaise à la vue d’élèves extrêmement jeunes, qui souffraient visiblement à l’entraînement, n’hésitant pas à exprimer des soupçons de violences physiques sur les enfants.

La réponse du directeur de l’école incriminée, Liu Hongbin, est éloquente : «Le concept de violence et d'abus est différent d'un pays et d'une culture à l'autre». Le reproche d’une conception occidentale trop étriquée du bien-être des athlètes plane dans tous les propos des coaches chinois. « Les gens qui affirment que c’est trop dur n’ont rien compris. En gymnastique, on doit sélectionner les enfants dès leur plus jeune âge », se défend Wang Zithian, professeur de gymnastique à Schi Cha Hai, la même école visitée par Matthew Pinsent.

Un métier plus qu’une passion

Pour comprendre les méthodes pour le moins radicales du coaching à la chinoise, il faut se rappeler la volonté de Mao Zedong , encore pregnante dans le système sportif chinois, de faire des athlètes les étendards de la puissance chinoise. Repérés dès le plus jeune âge, les sportifs les plus talentueux intègrent l’une des 3000 écoles du pays, parmi lesquelles Schi Cha Hai est la plus cotée. Là, ils subissent un entraînement intensif, contre la prise en charge de tous leurs frais (voir l’extrait d’un reportage éloquent de France 5 sur l’une de ces écoles). Durant leur scolarité, les athlètes reçoivent un salaire de fonctionnaire, qui sert souvent à faire vivre leur famille. Le sport peut alors devenir un gagne-pain, un travail plus qu’une passion… Est-ce le facteur de motivation le plus efficace pour remporter une médaille ?

Un sur-entraînement contre-productif ?

C’est une question qui fait débat, à quelques mois du début des JO. Certains entraîneurs occidentaux, recrutés par les équipes chinoises pour l’occasion, parlent d’une conception dangereuse du coaching, qui consisterait à copier le programme d’entraînement « à l’occidentale »… et de doubler systématiquement la dose. Tout en rappelant chaque jour aux athlètes que l’or est le seul objectif. « Avec tout ce stress, ils vont péter un plomb », affirme Diederik De Boorder, un coach hollandais qui a déjà travaillé en Chine.

Il semblerait que les dirigeants sportifs chinois commencent à se soucier du problème. On apprenait la semaine dernière dans « China Daily » que les athlètes olympiques disposeront, à partir d’avril, d’un « site de consultation psychologique en ligne », pour un soutien moral à toute heure du jour et de la nuit, par mail, par texto, ou même en tête à tête… « Un esprit sain dans un corps sain », encore une méthode de coaching piquée aux occidentaux!

Natalène Mounier

16 mars 2008

Paris-Pékin en tandem

Un sac, deux sacoches, deux maillots, des cuissardes et un vélo: tel est l’équipement de chacun des 104 participants de Paris-Pékin 2008. Le périple de ces cyclistes, qui doit durer cinq mois, commence samedi 15 mars. Prix de l’aventure: 10.000 € par personne. Parmi eux, deux couples pédaleront en tandem. Entretien avec Mireille Bourel, qui part avec son mari, Henri, en tandem.

Préparation ? Quelques 120 km par semaine…

Quelques jours avant le départ, ils sont sereins. Ils ont toujours fait du vélo, et à haute dose. « On fait nos courses à Bayonne ou à Capbreton à vélo », explique Mireille, 49 ans, habitante d’Ondres, dans les Landes, à 9 km de Bayonne. Mais cette année, « pas de coupure hivernale » pour ce couple de retraités. D’habitude, l’hiver est consacré à des marches en montagne en raquettes. Depuis un an, Henri et Mireille parcourent chaque semaine 120 km sur leur tandem. Sachant que 120 km, c’est à peu près six heures hebdomadaires à 20 km/h, leur préparation est optimale.

 

Les rois du tandem

 
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Les deux couples de tandems : Mireille Bourel, Henri Bourel, Gérard Muller (non voyant), Michel Cabart.

Le tandem, « ça équilibre les forces », déclare Mireille. Le couple a fait « monter » son tandem spécialement pour ce voyage, il est « gris et confortable », de la marque Cannondale, « c’est américain », précise Mireille, contrairement aux autres participants dont le vélo est construit par la société française Cyfac.   

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Le vélo de Paris-Pékin à vélo 2008 est identique pour tous les participants. Sauf pour les 2 tandems. Le cadre est adapté aux mensurations de chaque participant.  Pourquoi le tandem ? Pas pour faire pédaler son mari, « plus fort » qu’elle précise Mireille, mais « parce que c’est un objet de curiosité, dans les pays que l’on va traverser, je suis sure que certains n’en ont jamais vu ! ».

Un défi olympique?

Les Bourel ont déjà traversé en tandem les Etats-Unis en 1999, mais aussi les rocheuses canadiennes et la Thaïlande. Le défi de ces cinq mois vers Pékin : traverser des pays inconnus et vivre en groupe. Les 10 000 € viennent de leur compte épargne retraite qui arrivait à terme, juste à temps pour se lancer dans l’aventure. Mais on « relativise », c’est une « belle aventure de cinq mois, ça fait donc 2000 € par mois ». Samedi 15, les Bourel ont rendez-vous place du Trocadéro, à Paris, pour remettre leur vélo et leurs bagages avant 14 heures. Un sac chacun, mais un vélo pour deux !

Marie Naudascher

10:16 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, JO, Pekin, Paris, velo

14 mars 2008

L'actualité de la semaine

La répression s’accentue au Tibet 

A Lhassa, la situation actuelle est de plus en plus tendue entre les moines et les policiers locaux. Le dernier bilan fait état de plusieurs morts à Lhassa.

Une semaine de contestation des Tibétains en exil 

Les Tibétains en exil ont manifesté, toute la semaine, dans le monde entier à l’occasion du 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa, la capitale du Tibet. A Marseille par exemple, une manifestation s’est déroulée le samedi 8 mars à l’appel de l’association Alternative tibétaine, qui dénonce « la répression et la colonisation sur le Toit du monde ».

Les exilés tibétains en Inde « ont manifesté le jeudi 13 mars dans le nord pour protester contre les JO ».  « La police a arrêté une centaine de Tibétains qui réclamaient l'indépendance de la région himalayenne ». C’est en Inde que les exilés tibétains sont le plus nombreux.

Le toit du monde sous contrôle ? 

Conséquence de l’agitation croissante autour de la question tibétaine : une protection ultra-renforcée de l’Everest, qui doit accueillir la flamme olympique le 10 mai. La polémique enfle depuis le début de la semaine: des sites d’alpinisme ont expliqué que la Chine compte interdire toute expédition étrangère durant cette période, traditionnellement très fréquentée par les alpinistes. Raison officielle : les risques de pollution et de sécurité liés à l’affluence exceptionnelle provoquée par la caravane olympique. Crainte officieuse : des manifestations pro-tibétaines trop voyantes le jour de l’événement. L’Association tibétaine de la montagne a publié un démenti mercredi… suivi du témoignage contradictoire d’un tour-operator népalais, qui organise des expéditions dans l’ Himalaya. 

La Chine a aussi son « super ministère » de l’environnement ! 

Indispensable à l’édification d'une « société harmonieuse » pour le président chinois, la protection de l’environnement est désormais une priorité en Chine. Le Figaro relate la future création par les autorités chinoises d’un « ministère entièrement dédié à l'environnement ». Une manière de redorer le blason du pays, un des plus gros pollueurs mondiaux, sur la scène internationale.

Le très officiel Quotidien du Peuple l’explique, cette création  « reflète le changement de pensée et la prise de conscience exacerbée envers le besoin d'une croissance mieux gérée ». Cette prise en compte de l’environnement suscite quelques résistances, notamment de la part de certaines provinces ou encore du super ministère de l’Industrie, pour qui la croissance est bien la priorité.

Andy Roddick forfait aux Jeux

Andy Roddick, numéro 6 mondial, a annoncé le 12 mars qu’il ne participerait pas aux JO de Pékin cet été. Le joueur de tennis américain préfère se concentrer sur sa préparation pour l’US Open. Il veut défendre son titre à l’Open de Washington qui se déroule du 11 au 17 août, en plein milieu des JO. Dans un communiqué publié par les organisateurs de ce dernier, le tennisman explique que « défendre [son] titre à Washington est la meilleure préparation pour un autre titre en grand chelem ». L’US Open se déroulera à New York du 25 août au 7 septembre.

Menace terroriste sur les Jeux?

Les autorités chinoises clament avoir déjoué un attentat terroriste contre le JO. C’était un projet d’un attentat contre un avion assurant la liaison entre le capitale du Xinjiang, une province séparatiste musulmane du pays, et Pékin. Les organisations de défense des droits de l'homme ont pour leur part constamment accusé Pékin de mener une répression dans le Xinjiang. Certains affirmaient que la Chine cherchait prétexte de la "guerre contre la terreur" pour faire taire ceux qui s'opposent au régime.

Clooney après Spielberg...

La star américaine fait pression sur Omega, le chronométreur officiel des Jeux olympiques de Pékin dont il assure la promotion, pour que le fabricant de montres dénonce publiquement la politique de la Chine au Soudan. "J'ai demandé, et je continuerai à le faire, à la Chine d'utiliser son pouvoir d'influence considérable auprès du gouvernement du Soudan", a souligné mardi 11 mars George Clooney. Nick Hayek, directeur général du groupe Swatch, propriétaire d'Omega, a affirmé le même jour que sa société avait abordé la question du Darfour avec l'acteur. 

En février, le réalisateur américain Steven Spielberg avait cessé sa collaboration avec les organisateurs des JO de Pékin pour les cérémonies d'ouverture et de clôture, pour les mêmes raisons. De plus, George Clooney, Matt Damon, Brad Pitt et Don Cheadle, les acteurs de la trilogie des Ocean ont financé, à travers leur association "Not on our watch", 320 000 euros pour que le Programme alimentaire mondial (PAM) puisse continuer à acheminer de l'aide au Soudan.

07 mars 2008

Yao Ming, le colosse aux pieds d'argile

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Les fans chinois de basket ont les yeux rivés sur la cheville gauche de ce géant de 2,29 mètres. Yao Ming, le seul joueur chinois à évoluer en NBA, représente à lui seul une chance de médaille pour l’équipe chinoise de basket aux JO de Pékin. Une blessure « de stress » au pied gauche l’a contraint à déclarer forfait pour la saison en cours des Houston Rockets… et peut-être pour les JO.

 
     Le 26 février, John, le principal contributeur du site « YaoMania ! », fan club officiel de Yao Ming, a posté pas moins de quatre messages. Le premier, pour rapporter ces « nouvelles choquantes » : « Je suis absolument abattu. Yao Ming hors jeu pour la saison. J’ai envie de pleurer ». John semble reprendre ses esprits au fil des messages suivants, et pense surtout « à tous les Chinois qui ont 14 heures d’avance sur le fuseau horaire de Houston, et dormaient encore lorsque la nouvelle est tombée ».  La réaction peut sembler démesurée, mais elle est partagée par tous les fans sur les forums consacrés au géant Yao.

 
Son forfait représenterait un drame national

 
Ses bulletins de santé, retranscrits et minutieusement interprétés sur YaoMania !provoquent tour à tour espoir et abattement. Les dirigeants de l’équipe nationale ont soufflé le chaud et le froid durant toute la semaine. Le lendemain de la conférence de presse durant laquelle Yao a annoncé son retrait (vidéo), Hu Jiashi, le vice-président de la Fédération chinoise de basket déclare, dans une interview au China Daily, avoir « commencé à se préparer à jouer sans Yao ».  Les fans se préparent eux aussi au pire durant le week-end, avant de pousser « un soupir de soulagement » lundi, comme le rapporte avec une satisfaction évidente le Quotidien du peuple. Yao Ming a subi avec succès une opération de la cheville, « faisant revivre le rêve olympique de l’équipe chinoise de basket ». Sur le site des Houston Rockets, on apprend que le sportif va certainement « avoir besoin de trois à quatre mois pour se remettre de l’opération, avant de pouvoir commencer la rééducation ». La calcul est vite fait : celle-ci durerait alors deux petits mois, avant l’ouverture des JO le 8 Août prochain…Selon un internaute, des millions de chinois auraient déjà annulé leur inscription au « NBA  League pass », un forfait qui permet de suivre tous les matchs de la NBA.

 
Un champion génétiquement programmé

 
Depuis son entrée dans l’équipe des Houston Rockets au poste de pivot, Yao Ming fait en effet figure d’icône dans son pays, illustrant la volonté de la République populaire de créer des champions comme porte-drapeaux de la puissance chinoise.

Car Yao Ming est bien l’objet d’une création.Un portrait du Times va jusqu’à le décrire comme « une conspiration génétique ». Sa naissance, le 12 septembre 1980, est attendue « depuis trois générations », affirme Wang Chongguang, un ancien coach à la retraite. Selon le Times, il faut revenir à Mao Zedong et sa volonté d’ « introduire les jeunes les mieux dotés par la génétique dans la machine sportive communiste naissante », pour comprendre le parcours pré-formaté de Yao Ming. Il est le produit d’une union arrangée par le Parti communiste entre sa mère, Fang Fengdi, « une austère beauté » d’1 mètre 88, et son père, 2 mètres 08, eux aussi basketteurs professionnels. Hormones de croissance et entraînements intensifs bercent son enfance, comme le raconte Der Spiegel, en vue d’une carrière qui se doit d’être brillante. « Surtout ne pas faire d'erreur. Yao Ming entend tout contrôler, il est arrivé si haut qu'il peut chuter », analyse le journaliste de Der Spiegel. Le 26 février dernier, cette prédiction s’est révélée prémonitoire. « De quoi se poser des questions sur la construction d’une star prédisposée aux blessures », commente un internaute sur le forum de rotonews.com, un site sportif américain, faisant peut-être allusion à la pression excessive qui pesait sur les épaules – les pieds ? – de Yao Ming dans la course à la médaille olympique. Transformant ainsi en colosse aux pieds d’argile un géant programmé pour l’or...

Natalène Mounier

 
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