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13 mars 2008

Comment les athlètes vont-ils se nourrir pendant les JO?

Les scandales alimentaires impliquant les produits chinois se multiplient depuis plusieurs mois : contamination par pesticides ou médicaments pour animaux, nourriture avariée… Malgré ces scandales, Pékin a toujours promis la sécurité alimentaire comme le rapporte l’AFP.  Pas suffisant pour faire taire les interrogations quant à la nature et l’origine des aliments consommés par les athlètes lors des prochains Jeux Olympiques de Pékin.

Le Comité olympique américain (USOC) planifierait tout un système d’importation de nourriture pour que ses athlètes ne mangent aucun produits locaux pendant la compétition. Cette décision répond à la découverte de Frank Puleo, un traiteur américain travaillant pour l’USOC, envoyé en Chine : des taux extrêmement élevés de stéroïdes dans un blanc de poulet mesurant 36 cm. « Nous l’avons fait analyser, et il avait une telle teneur en stéroïdes que nous n’aurions jamais pu en donner aux athlètes. Ils auraient tous été contrôlés positifs » a-t-il déclaré au New York Times.

Les sportifs sont responsables de ce qu’ils mangent

L’USOC prend très au sérieux les risques de contaminations et encourage les athlètes américains à être très vigilant quant à la nourriture qu’ils mangent. Le Comité rappelle que selon le Code l’Agence mondiale anti-dopage (format PDF), « les sportifs sont responsables de ce qu’ils ingèrent », peu importe la source.

Le Comité américain est très soucieux du bien-être de ses athlètes. Il a choisi l’Université Normale de Pékin comme centre d’entraînement, séparé du village olympique officiel. Il aurait également demandé aux athlètes quels aliments ils aimeraient avoir à disposition. Selon le journal de l’Université du Maryland, The retriever weekly, le nageur Michael Phelps, multiple médaillé d’or, aurait demandé des « crabes du Maryland et des gâteaux de crabes ». Les Etats-Unis ne sont pas les seuls à s’inquiéter de l’alimentation de leurs athlètes. Un officiel du Comité olympique australien a défini la sécurité alimentaire comme « le problème numéro un auquel nos équipes seront confrontées. L’Australie devrait, elle aussi, importer une partie de leur nourriture.

Les aliments chinois seront suivis de « la ferme à la fourchette »

La Chine a répondu aux critiques en désignant 36 entreprises comme fournisseurs exclusifs d’aliments pour les athlètes, selon BBC News. Les aliments, cultivés dans des fermes utilisant peu de produits chimiques, seront suivis « de la ferme à la fourchette » avec un système GPS. Le pays hôte fait tout pour écarter les critiques et plaire aux athlètes.

Déjà il y a un an, CCTV, la chaîne de télévision chinoise, expliquait qu’en plus d’être de bonne qualité, la nourriture servie aux athlètes serait à  70% internationale pour être au goût du plus grand nombre. Dans cette même optique, environ 1000 cuisiniers chinois, comme ceux du reportage de la BBC, iront en Angleterre pour apprendre les bases de la gastronomie occidentale.

Kéthévane Gorjestani

09 mars 2008

La pollution à Pékin, un défi pour les athlètes

Des Jeux trop pollués? C'est la crainte qui taraude les organisateurs des Jeux Olympiques, qui doivent débuter à Pékin au mois d'août prochain. Alors qu'une récente tribune publiée dans le Wall Street Journal accusait Pékin de manipuler ses données statistiques sur la pollution, les organisateurs multiplient ces derniers jours les signes de bonne volonté. Une manière de rassurer Jacques Rogge, le président du Comité International Olympique (CIO), qui évoquait encore la semaine dernière « un danger de pollution atmosphérique à Pékin », allant même jusqu'à envisager un report des épreuves d'endurance.

D'ailleurs, les athlètes eux-mêmes ne semblent pas convaincus par les progrès chinois en la matière. Il y a un mois, c'était la légende vivante de la course de fond, l'éthiopien Hailé Gebreselassié, qui émettait des doutes (vidéo) quant à sa participation au marathon en août prochain. Face aux conditions atmosphériques difficiles dans la capitale chinoise, il envisage de se consacrer au 10 000 mètres uniquement, ce qui l'empêcherait d'accrocher le titre suprême du marathon, le seul qui lui manque encore.

Pour d'autres, la pollution n'est pas un problème: ainsi, Kaitlin Sandeno, une nageuse américaine, qui souffre d'asthme depuis l'âge de douze ans. Elle se souvient avoir toujours eu à faire à des difficultés respiratoires lors de ses différentes compétitions. Avec un traitement adapté, dit-elle, tout se passera bien. Et puis, ce sont les Jeux, pas question d'y renoncer. Le docteur Erwin Gelfand, de l'hôpital de Denver, l'un des pionniers dans la lutte contre les maladies respiratoires, préconise même, afin de lutter contre les effets de la pollution durant les Jeux, une utilisation accrue de médicaments tels que le salbutamol. Problème, cette substance est sur la liste des produits dopants. Son emploi devra donc être strictement encadré pour rester dans les clous.

 Le port d'un masque, une atteinte à la fierté nationale chinoise...
 

Du côté du comité olympique américain (USOC), on rappelle que la pollution a souvent été au coeur des discussions avant les Jeux. Ainsi en 1984 à Los Angeles ou lors de la dernière édition, en 2004, à Athènes, une des capitales européennes les plus polluées. Alors, les équipes d'athlétisme américaines se rendront en Chine ou dans la région deux semaines avant le début des compétitions, afin de s'acclimater aux conditions atmosphériques sur place. Les athlètes pourront aussi s'entraîner avec des masques. Mais alors que d'autres comités nationaux envisagent de faire porter des masques à leurs athlètes pendant les compétitions, pas question d'en arriver là pour Steve Roush, le directeur sportif de l'USOC. Cela serait une offense vis-à-vis des autorités chinoises. De toute façon, affirme-t-il, la qualité de l'environnement sera bonne. C'est une question de fierté nationale pour la Chine.

Pourtant, les comités olympiques britanniques, australiens et allemands réfléchissent eux sérieusement à différentes solutions pour contrer cette pollution. Le Sunday Mirror révélait le 2 mars dernier que le comité olympique britannique (BOA) envisageait de demander un changement des règles du CIO, pour permettre aux athlètes de porter un masque muni d'un filtre non seulement pendant les échauffements, mais aussi pendant les compétitions. Selon le journal, l'équipe de boxe américaine, la seule à avoir véritablement testé les conditions d'entraînement à Pékin, n'a pas pu faire plus de 30 minutes de footing dans les rues de la capitale chinoise, en raison de la pollution. Mais pour Paula Radcliffe, la coureuse de fond britannique, ces conditions difficiles pourrait bien être son atout. Dans une interview au Times, elle explique que la pollution rendra le marathon plus sélectif, ce qui pourrait l'avantager.

De son côté, le comité olympique australien (AOC), doit faire face à l'inquiétude de nombre de ses athlètes, dont le cycliste Cadel Evans. Une des pistes envisagées est d'installer un centre de récupération à l'extérieur de la ville et loin de la pollution, le temps de la durée des Jeux, pour les sportifs australiens.

Les épreuves d'équitation elles aussi menacées

Pékin, une des villes les plus polluées au monde, n'est malheureusement pas la seule source d'inquiétude. Hong Kong doit ainsi accueillir les épreuves d'équitation des prochains Jeux. Lundi dernier, les record de pollution ont été battus dans l'ancienne colonie britannique. Une piqûre de rappel, alors qu'en janvier dernier l'équipe de dressage suisse avait annoncé qu'elle se retirait, craignant pour la santé des chevaux.

Sylvain Mouillard

 
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