Avertir le modérateur

20 avril 2008

Romain Mesnil, perchiste militant

Romain Mesnil s’élançant perche en main pour franchir une barre à près de 6m de haut…une image qu’on aurait pu ne jamais voir. C’est par la gymnastique que cet albigeois d'adoption est arrivé au sport à l’âge de 7 ans. Ce n’est que par hasard qu'il découvre la perche en 1992, à l’âge de 15 ans.

 

Pendant longtemps, il cumule le sport et les études d’ingénieur à Toulouse. Sacré champion de France (1997) puis d’Europe (1999) en espoir, il obtient son diplôme en 2001. Physique avantageux (1,88 m pour 80 kg) qui ne laisse pas les filles indifférentes, aisance sur les perchoirs,…les commentateurs ont vite fait de voir en lui le successeur du champion français Jean Galfione, avec qui il s'entend bien . Mais Romain Mesnil tarde à confirmer, semblant céder face à la pression des grands rendez-vous comme aux Jeux de Sydney en 2000.

En 2003, il rejoint le groupe d’entraînement de Georges Martin à Bordeaux et établit la meilleure performance mondiale de l’année à 5m95. Malgré une grosse intervention chirurgicale à la cheville qui le tient écarté de la compétition, il revient à son meilleur niveau en 2006 et vice champion d’Europe à Göteborg puis du monde à Osaka.

"Le sport, c'est politique" 

A 30 ans, marié à une ancienne perchiste et père de deux enfants: Sohan, 3 ans et Titouan, à peine 1 mois, il semble s'être posé. Ses compagnons d'entraînement disent que «Romain était un dilettante, qui ne s’inquiétait pas de grand-chose. Il avait du mal à s’impliquer.» Sportif et chef de famille accompli, il est aussi très engagé. Depuis 2007, il est président du syndicat des athlètes français. Il refuse de rester cantonné au rôle de sportif sans opinion. «Le sport, c’est politique, c’est économique, c’est au cœur de la société», dit-il dans Libération.

En pleine polémique sur les Droits de l'homme en Chine et la situation au Tibet, il a proposé aux athlètes français de porter un ruban vert, couleur de l’espoir, pendant les Jeux de Pékin « pour montrer qu'en tant que sportif on montre qu'on est sensibilisé et qu'on veut faire quelque chose ». Il a aussi lancé un appel au président chinois, Hu Jintao, dans une lettre publiée dans le Nouvel Observateur. Mais considéré comme un signe distinctif à connotation politique, le port de ce ruban a été interdit par le Comité International Olympique.

Décidés à marquer leur désaccord, Mesnil et d’autres athlètes, ont imaginé un badge représentant les anneaux olympiques « pour un monde meilleur ». Le président du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), Henri Serandour a annoncé récemment que ce badge serait également interdit. Romain Mesnil s'est dit « évidement déçu » de cette décision sur son site officiel et dans la presse. Il a ajouté que le but des sportifs français était « que les athlètes du monde entier puissent porter ce badge ».

 

Kéthévane Gorjestani

19 avril 2008

Qui connaît Monsieur Jacques Rogge?

3e20b8a93d7b7b4e8a97d2aad76d7f17.jpg Il est au cœur de la tempête médiatique sur le boycott des Jeux de Pékin. Jacques Rogge, le président du Comité International Olympique (CIO), reste pourtant méconnu du grand public. Portrait

Malgré un curriculum vitae presque parfait, Jacques Rogge garde l’image d’un homme froid et falot, incapable de défendre les droits de l’homme face à la Chine. Pourtant, le comte belge, bientôt 66 ans et père de deux enfants, avait plusieurs atouts en main au moment de son élection, en 2001.

 Le véliplanchiste devenu président du CIO.

Ancien sportif émérite (il a été champion du monde de voile et a participé trois fois aux JO, entre 1968 et 1976, puis s’est reconverti dans une carrière de rugbyman), parcours professionnel parfait (chirurgien orthopédique, il a plus de 800 opérations réussies à son actif), et enfin progression constante dans l’administration olympique, pour finalement devenir président du CIO le 16 juillet 2001, Jacques Rogge avait de quoi séduire.

Diplomate et polyglotte (il parle le néerlandais, le français, l’allemand, l’anglais et l’espagnol), Rogge est élu pour faire oublier les pratiques controversées de son prédécesseur, l’espagnol Juan Antonio Samaranch. Corruption, culte du secret, finances précaires, le CIO d’alors va mal. L’organisation est touchée de plein fouet par le scandale des JO de Salt Lake City.

L'épineux dossier des JO de Pékin.

Jacques Rogge parvient à remettre le CIO sur pieds : il n’hésite pas à loger au cœur même du village olympique en 2002, pour se rapprocher des athlètes. Sergei Bubka, recordman du monde du saut à la perche, dit de lui que c’est « un leader, mais qu’il reste modeste ».

Mais Rogge a hérité d’un dossier brûlant, refilé par son prédécesseur : les Jeux de 2008, confiés à Pékin. A l’époque, en 2001, le CIO explique que les JO aideront la Chine à construire une société plus ouverte.

Sept ans plus tard, le retour de flamme est brutal. Les défenseurs des droits de l’homme expliquent que rien n’a changé sur place, et que par son silence, Rogge fait le jeu de la dictature chinoise.

Le député vert Noël Mamère le traite de « collabo »  tandis que Robert Ménard, le président de Reporters sans frontières, le qualifie de « Ponce Pilate ».

 
Pourtant Rogge n’en démord pas : « Il faut séparer la politique du sport » répète-t-il inlassablement.

Il rappelle qu’en 1980 déjà, alors membre du comité olympique belge, il plaidait en faveur de la participation de la Belgique aux Jeux de Moscou malgré l’appel au boycott lancé par les Etats-Unis.

L'homme de la situation?

Sa position, pour le moins controversée, lui vaut de violentes attaques de part et d’autre : quand il se tait, « le monde entier le critique » explique le Temps; quand il ose une timide attaque contre Pékin, il est immédiatement « remis en place ». On lui reproche désormais sa communication, trop solitaire, et son style de « droit divin ».

La crise actuelle pourrait l’amener à ne pas briguer de second mandat à la tête du CIO. 

A l’heure des comptes pour le médecin belge, une question se posera cependant, soulevée par le Temps : « Jacques Rogge était-il le bon candidat en 2001? ».

Sylvain Mouillard

10 avril 2008

La pollution inquiète toujours à Pékin

Pékin est l'une des capitales les plus polluées du monde. La Chine avait pourtant promis un nouveau Pékin quand elle avait été choisie pour organiser les Jeux il y a quelques années. Mais moins de cinq mois avant la cérémonie d'ouverture, le gouvernement chinois n'arrive toujours pas à contrôler la pollution atmosphérique, due surtout aux activités industrielles.

 « Selon le SEPA (State Environmental Protection Administration of China), l'index de pollution de l'air mardi dernier à Pékin était de 5 sur une échelle qui en compte... 5 » . Un niveau si dangereux que les enfants du Lycée Français de Pékin a été obligé de rester à l¹intérieur de leurs salles de cours. Pour les Pékinois, habitués à sentir les particules de pollution dans l¹air, la lutte contre la pollution n'est pas un sujet d'inquiétude majeur. Pourtant, plusieurs mesures ont été mises en place pour atténuer la pollution à l¹approche des JO : réduire le tarif des transports en commun pour encourager les déplacements en métro et en bus, restreindre de moitié le flux de voitures en mettant en place un système de circulation alternée : un jour les voitures paires, un autre les voitures impaires, interdire le travail sur les chantiers pendant les Jeux. Malgré ces mesures, certains athlètes refusent de participer aux compétitions pour se protéger. Ainsi, « Haile Gebreselassie, détenteur du record du monde de marathon, a déclaré que "la pollution en Chine représente une menace pour ma santé et il serait difficile pour moi de courir 42 kilomètres dans les conditions actuelles" », annonce le JDD.  


 
Les mesures du gouvernement chinois ne suffisent-elles pas à améliorer la qualité de l'air?   


Premier problème : ces mesures sont très mal appliquées dans les usines aux alentours de Pékin qui, pour la plupart d¹entre elles, fonctionnent encore au charbon, la ressource énergétique la plus abondante et la moins coûteuse dans ce pays en voie de développement, comme l'explique cet ingénieur chinois. «70 % de la production est à base de charbon, on ne contrôle pas le CO2 qui sort des cheminées», dit-il.Par ailleurs, la nature étant déjà détériorée, la protection de l'environnement ne se fait pas en quelques mois ou même en quelques années. Changer les mauvaises habitudes est un travail de longue haleine, et les contrôles peinent à se mettre en place. Autre source d¹inquiétude : les tempêtes de sable, qui ont encore touché la capitale chinoise cette année avec « 10 jours de temps de tempêtes de sables ce printemps, un chiffre approchant à peu près la moyenne du niveau annuel ».  
     

Provenant pour une grande partie du désert en Mongolie intérieure, le sable ramène de la poussière jusqu'à la capitale dès qu'un vent fort souffle.Bon gré mal gré, le gouvernement chinois a créé un ministère de l'environnement. Mais « la SEPA reconnaît qu'elle ne dispose pas à l'heure actuelle des moyens pour ses ambitions. »

La Chine : exemple typique d¹un pays où la croissance économique prime par rapport à l'environnement?

Il y a finalement peu d'espoir que la situation environnementale change radicalement en quelques mois dans un pays de cette taille. Mais l'enjeu, pour la Chine, est qu'elle puisse mettre en place les dispositifs pour réduire la pollution pas seulement pour le bien être des athlètes, mais aussi après les JO, pour celui de ses habitants également.    

 Et vous, pensez-vous que la qualité de l'air puisse influencer la performance des athlètes aux JO?     

  Zhuoying Feng

03 avril 2008

Les sportifs ou comment boycotter les Jeux sans les boycotter

            Aux premiers jours de la répression au Tibet, les sportifs ont refusé toute idée d’un boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Mais, après une cérémonie d’allumage de la flamme olympique perturbée, elle a pris une nouvelle dimension. Les athlètes, notamment les Français, se sont illustrés par des prises de positions fortes.

            Romain Mesnil, le vice-champion du monde et d’Europe de saut à la perche, et Président du Syndicat des Athlètes Français, a ainsi proposé que les sportifs portent un ruban vert pour marquer leur « attachement aux droits de l’Homme ». Une initiative que le Comité International olympique (CIO) s’est empressé de classer comme violation de la charte olympique qui exclu toute manifestation politique dans une enceinte olympique. Une règle réaffirmée aux championnats d’Europe d’Eindhoven, avec l’exclusion d’un nageur serbe affichant son opposition à l’indépendance du Kosovo.

            Leslie Djhone, le coureur français, s’est dit lui prêt à « boycotter la cérémonie d’ouverture » par « solidarité ». D’autres athlètes vont même plus loin. Des sportifs allemands auraient fait part au quotidien allemand Bild, de leur intention de ne pas se rendre en Chine cet été. 

            D’anciens athlètes, souvent mêlés à de précédents boycotts, jugent toutefois cette action inutile. « Ce n’est pas parce que certains ne sont pas allés aux jeux olympiques de Moscou que les Russes se sont retirés d’Afghanistan », a assuré Sharron Davies, la nageuse britannique médaillée aux Jeux de Moscou en 1980 boycottés par les Etats-Unis. « C’est la même chose avec Pékin », a-t-elle ajoutée dans une interview sur Sky News.

            D’autres, comme le vice-champion du monde du 50km marche, Yohann Diniz et le nouveau roi du sprint, le nageur Alain Bernard ont évoqué l’hypothèse d’un boycott de la cérémonie d’ouverture par les chefs d’Etat et de gouvernement. Interrogé lundi soir par TF1, le nouveau recordman du 50m et du 100m a affirmé qu’un tel boycott serait « un signe fort des hommes politiques » mais que ça restait « une décision politique ». 

            Cette action, majoritairement souhaitée par les Français (sondage CSA pour RSF et IFOP pour l’Equipe), pourrait être soutenue par le Secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, qui a déclaré mardi qu’il n’était « pas contre » un boycott de la cérémonie d’ouverture. « Mais sincèrement, je crois que cela ne changera rien » a-t-il ajouté. Silencieux jusque là, Nicolas Sarkozy a déclaré « je ne ferme la porte à aucune éventualité », l’Elysée précisant dans la foulée qu’il évoquait la cérémonie d’ouverture et non l’ensemble des Jeux.

Kéthévane Gorjestani

30 mars 2008

Médias chinois/ Médias occidentaux : Où est la propagande ?

Les accusations fusent par web interposé. Pour les médias chinois, la couverture faite par les journalistes occidentaux des troubles au Tibet est partiale et conditionnée par une idéologie pro-tibétaine. Ces derniers répondent en objectant la soumission inconditionnelle de leurs confrères chinois au régime de Hu Jintao, alimentant une guerre médiatique qui laisse perplexe. Revue des batailles de la semaine.

« Comment la télé chinoise exploite les émeutes de Lhassa » : ce titre d’une reportage de TF1 ne mâche pas ses mots. Les journalistes y évoquent le traitement des émeutes au Tibet par leurs confrères chinois, en s’appuyant sur des reportages diffusés par la télévision chinoise le même jour ... en y ajoutant des corrections, façon cours magistral.

Cette leçon de journalisme est vécue comme un affront par les médias chinois, qui les accusent, à leur tour, de déformer la vérité.

Fautes professionnelles ou propagande anti-chinoise ?

Le dernier épisode de cette guerre médiatique s’est joué autour de cette image :

d91fb238e5b3986989a9562ba9949e18.jpg

 

A gauche, la photo publiée par CNN pour illustrer les émeutes au Tibet : des insurgés poursuivis par un char chinois...et c'est tout

Or, à droite de la ligne apparaissent des Tibétains en train de caillasser ce même char. Un détail omis par la chaîne américaine.

Or photo tronquée = déformation de la vérité. C’est la conclusion qu’ont tiré de cette erreur certains bloggeurs chinois, qui y voient la preuve que la propagande anti-chinoise sévit dans les médias occidentaux. Et pour accréditer leurs dires, ils rappellent que « CNN est connu pour travestir la réalité dans ses reportages », qu’« ils ont fait la même chose pour l’Irak ». ..

Cette fois-ci, la chaîne américaine est restée campée sur ses positions, et s’est défendu dans une lettre de mise au point  adressée au site internet de France 24 (lien en anglais), alléguant des raisons techniques : « L’image en question devait être réduite au format standard utilisé pour les articles sur CNN.com ».

L’honneur est sauf pour CNN. La situation est plus embarrassante pour RTL TV, une chaîne de télévision allemande, contrainte de présenter ses excuses suite à l’utilisation d’une photo erronée : 

6c411e5da9e8a18e29700672bc81627e.jpg

 

Selon le présentateur, l’image montre un policier chinois réprimant un manifestant au Tibet. Or il s’agit d’un policier népalais… La scène se passe en effet à Katmandou, au Népal.

Un épisode qui a fait la joie de la chaîne gouvernementale CCTV, qui propose sur son site un lien vers la « vidéo d’excuse », avant de préciser que « RTL TV n’est pas le seul média occidental à avoir été critiqué pour avoir donné de fausses informations concernant les récents troubles au Tibet », citant entre autres le quotidien allemand « Berlin morningpost » (une légende erronée en cause cette fois-ci).

Des  mises au point qui ont toutes les apparences de règlements de comptes, et laissent présager une collaboration tendue entre médias chinois et occidentaux durant les JO.

Ces accusations de « propagande anti-chinoise » vous étonnent-elles ? Pensez-vous que les médias occidentaux livrent une analyse nuancée et complète des événements au Tibet ?

                                                                                                                                Natalène Mounier

28 mars 2008

Les yeux de Laurence

Parmi les amoureux du deux roues réunis dimanche matin sur l’esplanade du Trocadéro, tous ont le goût du défi. Pour Laurence, une trentenaire non-voyante qui suivra le groupe pour sur environ 25 km, jusqu’à Vincennes, ce premier jour du trajet Paris-Pékin, c’est « au-delà de l’extraordinaire ».


814abb43229959cc462eaeffbc0f9da8.jpg Ce n’est pas sa canne blanche qui la rassure, mais Alain Richardot, son coéquipier. Ensemble, ils ont déjà effectué des parcours dans le Val d’Oise, leur région d’origine. Sur le tandem, c’est lui qui pilote. « Normal, sinon on irait dans les choux », plaisante Laurence. Pour elle, le vélo, c’est avant tout « le plaisir de se faire raconter des paysages » et de sortir de la ville : « quand on est à la campagne, ça sent les vaches, la bouse ».

Sac à dos avec réservoir d’eau, barres de céréales, Laurence a « entièrement confiance » en Alain qui l’écoute. « On pédale ensemble » assure-t-il. Selon eux, si l’un arrête de pédaler, ça se sent. Pour eux, ce n’est pas tant l’effort sportif qui compte mais le partage : « On n’arrête pas de discuter » confie Laurence.



Marie Naudascher

15:52 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sport, velo, handicap, paris, pekin

Pas de « prêt, feu, partez » !

Dimanche 16 mars 2008 : C’est le grand jour pour les 118 participants de l’aventure Paris-Pékin à vélo. Il bruine sur l’esplanade du Trocadéro, à Paris, mais les sportifs sont au rendez-vous. On reconnaît les cyclistes du Paris-Pékin à leur maillot rouge. Plus d’une centaine de passionnés sont venus avec leur propre vélo et vont suivre le début du périple, jusqu’à Provins.

285318c16555fd733f0cad3ee257161e.jpg A 9 heures, les participants se rassemblent pour une grande photo de famille. Et la famille, ça compte dans une telle aventure. Cinq mois sans voir ses proches, c’est long. Mais aucune inquiétude sur le visage de Karine. Ses parents, les Bourel, sont en tête du groupe 1, en tandem. Par téléphone, une semaine auparavant, ils semblaient déterminés et sereins. Le jour du départ, ils rayonnent : « c’est une aventure en couple », sourit malicieusement Mireille, les cheveux courts.
Filmés par des étudiantes en journalisme, les Bourel parlent volontiers de leur passion. La télévision chinoise veut aussi les interviewer : Mireille et Henri sourient et repartent de plus belle : « on a toujours fait du vélo, c’est notre oxygène ».

 

181aa8787b99430a526f3ae6b75f7f4e.jpg Quelques minutes avant le départ, Christian Lemay, un Canadien* de 52 ans, contemple son vélo. Sympathique, il explique les « options » de son deux-roues : chronomètre, « sonnette pour quand on arrive en Chine », sacoches… Il est très fier de participer au Paris-Pékin 2008 après « vingt ans de vélo », dit avec un accent canadien ce grand chauve venu de Montréal. 

A 9h30, les participants sont prêts à partir. On en oublierait même que ce n’est pas une course. Pas de coup de feu, pas de précipitation. « C’est dangereux, les chutes au départ sont très fréquentes, là ils sont en haut d’une pente et il pleut », commente un badaud. Devant le pont d’Iéna, la file de cyclistes dé marre au pas, derrière un camion, au son des sifflets et des applaudissements des spectateurs qui les encouragent « Pékin, c’est au fond à droite ! ».

 

Dans l’expédition, il y a vingt-et-un étrangers : 1 Américain, 1 Anglaise, 2 Allemands, 5 Belges, 4 Canadiens, 2 Chinois, 1 Danois, 2 Espagnols, 1 Luxembourgeois et 2 Suisses.

Marie Naudascher

15:52 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : chine, JO, pekin, velo

22 mars 2008

Le squash bientôt aux Jeux?

En 2005, le squash fut « discipline olympique pendant 15 minutes » a-t-on coutume de dire à la fédération française. Avant que le rêve ne s’écroule, faute d’avoir pu réunir une majorité des 2/3 des votants.

Pourtant, Gilles Rondeau, chargé de communication à la fédération française de squash, milite toujours pour l'entrée du squash dans le programme olympique. « Depuis une dizaine d'années, il y a de plus en plus de pays qui pratiquent le squash » explique-t-il.

Concrètement, le squash, ça ressemble à ça. Et si les Anglais sont à l’origine de ce sport, ce sont aujourd’hui les Egyptiens qui trustent les premières places mondiales.

Comparable au système du tennis, le circuit mondial de squash commence à attirer les sponsors, même si seuls les 20 premiers mondiaux peuvent réellement bien vivre de leur sport.

171e8d507d1a9fa8f039735a070701bb.jpg « Facile d'accès », le squash peut aussi être « un spectacle grandiose », comme en 2006, aux pieds des pyramides de Gizeh.

281ed270b5dbaf054836795ec13515d0.jpg

 

 

 

 

Et puis, cette discipline serait un réservoir de médailles potentielles pour la France, selon Gilles Rondeau.

Mais finalement, qu’a-t-il manqué au squash pour devenir discipline olympique en 2005 ? Pour Yves Hocde, directeur technique national, il y a eu un « conflit d'intérêts au sein de la famille du squash ».


Echec du squash en 2005.
envoyé par josciencespo

Le calendrier pour tous les amateurs de squash est déjà fixé : d’ici avril, le CIO remettra une « short list » des disciplines candidates pour entrer au programme des Jeux de 2016. Le verdict final sera rendu en 2009.

Sylvain Mouillard

11:45 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : squash, lincou, gaultier, JO, pekin, CIO

19 mars 2008

Pour la France, « en dessous de 30 médailles, ce sera un échec."

Lors des Jeux olympiques d’Athènes en 2004, la France a fini à la septième place des nations avec un total de 33 médailles, dont 11 titres, loin des 103 médailles américaines et 63 chinoises. Cet été, 310 athlètes français (5 de moins qu’à Athènes) doivent faire le déplacement à Pékin. Feront-ils aussi bien ?

Craintes de la pollution, interrogations sur l’alimentation, encore 210 athlètes à sélectionner... Malgré ces contraintes, pour la France, l’objectif est simple : rapporter le plus de médailles possible. L'ambition affichée est de conserver sa septième place mondiale. Depuis 1996, le classement de la France n'a cessé de reculer. 

Pour se maintenir à cette place, les athlètes français devront ramener entre 30 et 40 médailles de Pékin. Un chiffre fixé à partir de contrats passés entre les différentes fédérations et le ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. « Si chaque fédération remplit son contrat minimum, nous devrions avoir entre 35 et 40 médailles à Pékin », explique Fabien Canu, le Directeur de la Préparation olympique et paralympique (POP) (format PDF).

            « Au-delà de la 7e place, et en dessous de 30 médailles, ce sera un échec », estime cet ancien champion du monde de judo. Pour remplir ce contrat, beaucoup comptent sur l’équipe de France d’athlétisme et ses stars comme Christine Arron, Eunice Barber ou Ladji Doucouré. Or ces trois athlètes se remettent de blessures et n’ont pas participé aux derniers championnats du monde en salle de Valence. Des Mondiaux que l’Equipe de France, revenue bredouille de la compétition, préfère oublier.

            Pour Fabien Canu, il sera possible d’atteindre l’objectif grâce aux bons résultats attendus dans les disciplines où la France a l’habitude de réussir. En escrime avec Laura Flessel, en judo avec le jeune Teddy Riner ou encore en natation avec Laure Manaudou. Mais aussi des sports moins connus, comme l’aviron et le canoë-kayak.

Kéthévane Gorjestani

17 mars 2008

La machine à champions peut-elle se détraquer?

Pour les hôtes des JO, l’objectif est simple, impératif, obsédant: Détrôner les Etats-Unis sur la plus haute marche du podium olympique. Pour y parvenir, les méthodes d’entraînement les plus radicales sont employées… A bon escient?


La polémique avait été lancée en 2005 par Matthew Pinsent, quadruple champion olympique d’aviron et ex-membre du CIO. « Je pense que ces gamins sont maltraités », avait déclaré le champion britannique après avoir visité une « usine à champions », comme on appelle parfois les écoles de formation des futurs athlètes chinois. Sur les ondes de la BBC, il évoquait son malaise à la vue d’élèves extrêmement jeunes, qui souffraient visiblement à l’entraînement, n’hésitant pas à exprimer des soupçons de violences physiques sur les enfants.

La réponse du directeur de l’école incriminée, Liu Hongbin, est éloquente : «Le concept de violence et d'abus est différent d'un pays et d'une culture à l'autre». Le reproche d’une conception occidentale trop étriquée du bien-être des athlètes plane dans tous les propos des coaches chinois. « Les gens qui affirment que c’est trop dur n’ont rien compris. En gymnastique, on doit sélectionner les enfants dès leur plus jeune âge », se défend Wang Zithian, professeur de gymnastique à Schi Cha Hai, la même école visitée par Matthew Pinsent.

Un métier plus qu’une passion

Pour comprendre les méthodes pour le moins radicales du coaching à la chinoise, il faut se rappeler la volonté de Mao Zedong , encore pregnante dans le système sportif chinois, de faire des athlètes les étendards de la puissance chinoise. Repérés dès le plus jeune âge, les sportifs les plus talentueux intègrent l’une des 3000 écoles du pays, parmi lesquelles Schi Cha Hai est la plus cotée. Là, ils subissent un entraînement intensif, contre la prise en charge de tous leurs frais (voir l’extrait d’un reportage éloquent de France 5 sur l’une de ces écoles). Durant leur scolarité, les athlètes reçoivent un salaire de fonctionnaire, qui sert souvent à faire vivre leur famille. Le sport peut alors devenir un gagne-pain, un travail plus qu’une passion… Est-ce le facteur de motivation le plus efficace pour remporter une médaille ?

Un sur-entraînement contre-productif ?

C’est une question qui fait débat, à quelques mois du début des JO. Certains entraîneurs occidentaux, recrutés par les équipes chinoises pour l’occasion, parlent d’une conception dangereuse du coaching, qui consisterait à copier le programme d’entraînement « à l’occidentale »… et de doubler systématiquement la dose. Tout en rappelant chaque jour aux athlètes que l’or est le seul objectif. « Avec tout ce stress, ils vont péter un plomb », affirme Diederik De Boorder, un coach hollandais qui a déjà travaillé en Chine.

Il semblerait que les dirigeants sportifs chinois commencent à se soucier du problème. On apprenait la semaine dernière dans « China Daily » que les athlètes olympiques disposeront, à partir d’avril, d’un « site de consultation psychologique en ligne », pour un soutien moral à toute heure du jour et de la nuit, par mail, par texto, ou même en tête à tête… « Un esprit sain dans un corps sain », encore une méthode de coaching piquée aux occidentaux!

Natalène Mounier

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu