28 mars 2008
Les yeux de Laurence
Parmi les amoureux du deux roues réunis dimanche matin sur l’esplanade du Trocadéro, tous ont le goût du défi. Pour Laurence, une trentenaire non-voyante qui suivra le groupe pour sur environ 25 km, jusqu’à Vincennes, ce premier jour du trajet Paris-Pékin, c’est « au-delà de l’extraordinaire ».
Ce n’est pas sa canne blanche qui la rassure, mais Alain Richardot, son coéquipier. Ensemble, ils ont déjà effectué des parcours dans le Val d’Oise, leur région d’origine. Sur le tandem, c’est lui qui pilote. « Normal, sinon on irait dans les choux », plaisante Laurence. Pour elle, le vélo, c’est avant tout « le plaisir de se faire raconter des paysages » et de sortir de la ville : « quand on est à la campagne, ça sent les vaches, la bouse ».
Sac à dos avec réservoir d’eau, barres de céréales, Laurence a « entièrement confiance » en Alain qui l’écoute. « On pédale ensemble » assure-t-il. Selon eux, si l’un arrête de pédaler, ça se sent. Pour eux, ce n’est pas tant l’effort sportif qui compte mais le partage : « On n’arrête pas de discuter » confie Laurence.
Marie Naudascher
15:52 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, velo, handicap, paris, pekin
Pas de « prêt, feu, partez » !
A 9 heures, les participants se rassemblent pour une grande photo de famille. Et la famille, ça compte dans une telle aventure. Cinq mois sans voir ses proches, c’est long. Mais aucune inquiétude sur le visage de Karine. Ses parents, les Bourel, sont en tête du groupe 1, en tandem. Par téléphone, une semaine auparavant, ils semblaient déterminés et sereins. Le jour du départ, ils rayonnent : « c’est une aventure en couple », sourit malicieusement Mireille, les cheveux courts.
Quelques minutes avant le départ, Christian Lemay, un Canadien* de 52 ans, contemple son vélo. Sympathique, il explique les « options » de son deux-roues : chronomètre, « sonnette pour quand on arrive en Chine », sacoches… Il est très fier de participer au Paris-Pékin 2008 après « vingt ans de vélo », dit avec un accent canadien ce grand chauve venu de Montréal. A 9h30, les participants sont prêts à partir. On en oublierait même que ce n’est pas une course. Pas de coup de feu, pas de précipitation. « C’est dangereux, les chutes au départ sont très fréquentes, là ils sont en haut d’une pente et il pleut », commente un badaud. Devant le pont d’Iéna, la file de cyclistes dé marre au pas, derrière un camion, au son des sifflets et des applaudissements des spectateurs qui les encouragent « Pékin, c’est au fond à droite ! ».
Dans l’expédition, il y a vingt-et-un étrangers : 1 Américain, 1 Anglaise, 2 Allemands, 5 Belges, 4 Canadiens, 2 Chinois, 1 Danois, 2 Espagnols, 1 Luxembourgeois et 2 Suisses.
Marie Naudascher
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16 mars 2008
Paris-Pékin en tandem
Un sac, deux sacoches, deux maillots, des cuissardes et un vélo: tel est l’équipement de chacun des 104 participants de Paris-Pékin 2008. Le périple de ces cyclistes, qui doit durer cinq mois, commence samedi 15 mars. Prix de l’aventure: 10.000 € par personne. Parmi eux, deux couples pédaleront en tandem. Entretien avec Mireille Bourel, qui part avec son mari, Henri, en tandem.
Préparation ? Quelques 120 km par semaine…
Quelques jours avant le départ, ils sont sereins. Ils ont toujours fait du vélo, et à haute dose. « On fait nos courses à Bayonne ou à Capbreton à vélo », explique Mireille, 49 ans, habitante d’Ondres, dans les Landes, à 9 km de Bayonne. Mais cette année, « pas de coupure hivernale » pour ce couple de retraités. D’habitude, l’hiver est consacré à des marches en montagne en raquettes. Depuis un an, Henri et Mireille parcourent chaque semaine 120 km sur leur tandem. Sachant que 120 km, c’est à peu près six heures hebdomadaires à 20 km/h, leur préparation est optimale.
Les rois du tandem

Les deux couples de tandems : Mireille Bourel, Henri Bourel, Gérard Muller (non voyant), Michel Cabart.
Le tandem, « ça équilibre les forces », déclare Mireille. Le couple a fait « monter » son tandem spécialement pour ce voyage, il est « gris et confortable », de la marque Cannondale, « c’est américain », précise Mireille, contrairement aux autres participants dont le vélo est construit par la société française Cyfac.

Le vélo de Paris-Pékin à vélo 2008 est identique pour tous les participants. Sauf pour les 2 tandems. Le cadre est adapté aux mensurations de chaque participant. Pourquoi le tandem ? Pas pour faire pédaler son mari, « plus fort » qu’elle précise Mireille, mais « parce que c’est un objet de curiosité, dans les pays que l’on va traverser, je suis sure que certains n’en ont jamais vu ! ».
Un défi olympique?
Les Bourel ont déjà traversé en tandem les Etats-Unis en 1999, mais aussi les rocheuses canadiennes et la Thaïlande. Le défi de ces cinq mois vers Pékin : traverser des pays inconnus et vivre en groupe. Les 10 000 € viennent de leur compte épargne retraite qui arrivait à terme, juste à temps pour se lancer dans l’aventure. Mais on « relativise », c’est une « belle aventure de cinq mois, ça fait donc 2000 € par mois ». Samedi 15, les Bourel ont rendez-vous place du Trocadéro, à Paris, pour remettre leur vélo et leurs bagages avant 14 heures. Un sac chacun, mais un vélo pour deux !
Marie Naudascher
10:16 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, JO, Pekin, Paris, velo







